Non-paiement des services rendus depuis 2021 :  les retraités publics montent au créneau et saisissent directement le président Oligui Nguema

À Libreville, les retraités de la fonction publique civile et militaire haussent le ton. Réunis au sein d’un collectif, ils interpellent solennellement le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, afin d’obtenir enfin le paiement des indemnités de services rendus, communément appelées bonifications de cessation d’activité, prévues par la loi depuis plus de vingt ans.

Lors d’une récente conférence de presse, les représentants de cette corporation ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme une injustice persistante. Au cœur de leur revendication figure l’application de la loi du 4 février 2005, notamment son article 86, qui institue ces indemnités au profit des agents publics au moment de leur départ à la retraite.

Pour ces anciens serviteurs de l’État, le constat est amer. Depuis 21 ans, disent-ils, cette disposition légale n’a jamais été effectivement mise en œuvre, malgré les nombreuses démarches entreprises auprès des administrations compétentes. Une attente interminable qu’ils vivent comme un déni de leurs droits les plus élémentaires.

Les retraités rappellent que d’autres catégories de travailleurs bénéficient déjà de mécanismes similaires. Dans le secteur privé, ces indemnités sont versées depuis 1978. Les agents contractuels de l’État, quant à eux, régis par la loi du 31 juillet 1990, perçoivent également leurs droits sans difficultés majeures. Une situation qui accentue, selon eux, le sentiment d’inégalité et de discrimination.

Au-delà des considérations juridiques, les témoignages recueillis traduisent une profonde détresse. Nombre d’entre eux évoquent des déplacements répétés, des files d’attente interminables, des promesses non tenues et des journées passées sous la pluie ou en plein soleil pour réclamer ce qui leur revient de droit.

Face à ce qu’ils qualifient de « silence administratif prolongé », les membres du collectif ont décidé de s’adresser directement au chef de l’État. Ils sollicitent une audience avec le président de la République afin d’ouvrir un dialogue franc et constructif, susceptible de déboucher sur un règlement définitif de ce dossier.

Pour ces retraités civils et militaires, la question dépasse largement le cadre financier. Elle renvoie au respect de la loi, à la reconnaissance des services rendus à la Nation et à la préservation de la dignité de celles et ceux qui ont consacré une grande partie de leur vie au service de l’État gabonais.

Antoine Relaxe

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