Déguerpis de Plaine-Orety et environs : les familles non relogées lancent un appel à Oligui Nguema

Un an après les opérations de déguerpissement menées dans plusieurs quartiers du 2ᵉ arrondissement de Libreville, le Collectif des familles déguerpies et non relogées a organisé vendredi une conférence de presse pour interpeller les autorités sur le sort de centaines de familles qui affirment n’avoir toujours pas bénéficié d’un relogement. À travers cette sortie médiatique, le collectif a notamment appelé le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, à se saisir personnellement du dossier.

Les opérations de déguerpissement des 3, 5 et 6 juin 2025 continuent d’avoir de lourdes conséquences sociales pour de nombreuses familles. « Nous avons choisi la voie républicaine et continuons de croire aux valeurs de justice sociale portées par les plus hautes autorités de l’État », s’est exprimé, Moukinda Géraud Phil Sorin porte parole du collectif des familles non relogées, estimant que plusieurs ménages vivent encore dans des conditions précaires malgré les promesses de relogement.

Selon le collectif, des veuves, des personnes âgées, des familles monoparentales et des enfants figurent toujours parmi les personnes en attente d’une solution.

Imbroglio sur les critères de relogement

Le porte-parole du collectif a également fait part de son incompréhension concernant les critères ayant conduit au relogement d’une partie des familles tandis que d’autres demeurent dans l’incertitude. « Pourquoi certains citoyens ont-ils été relogés tandis que d’autres ont été abandonnés à leur sort ? La République ne peut pas fonctionner sur le principe du deux poids, deux mesures », a-t-il déclaré.

Le collectif a par ailleurs demandé davantage de transparence dans la gestion du dossier, réclamant la publication des listes des personnes déjà relogées, de celles restant en attente ainsi que le rapport des travaux de la première phase du programme de relogement.

L’ensemble des familles non relogées

Tout en réaffirmant que le collectif n’est « pas opposé au développement de Libreville », au nom du collectif, Moukinda Géraud Phil Sorin a plaidé pour la reprise du dialogue avec les autorités. Il a notamment sollicité la mise en place d’une commission inclusive chargée de réexaminer les dossiers, un relogement équitable pour toutes les familles concernées, une indemnisation conforme aux préjudices subis ainsi qu’un accompagnement social d’urgence pour les cas les plus vulnérables.

« Nous refusons la violence, nous refusons le désordre, mais nous refusons également l’oubli », a-t-il conclu, appelant les pouvoirs publics à apporter une réponse durable à une situation qui continue de peser sur des centaines de foyers.

Nkili Akieme

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