Affaire Lanlaire : Foumboula Libeka Makosso demande à Oligui Nguema de s’éloigner des activistes

Geoffroy Foumboula Libeka photo © DR

Le leader de la société civile gabonaise Geoffroy Foumboula Libeka Makosso a demandé, lors d’une conférence de presse tenue mardi à Libreville, que le président Brice Oligui Nguema prenne ses distances avec les activistes de la diaspora, après une nouvelle salve de propos jugés insultants envers le chef de l’État, son épouse et sa mère.

Le conférencier s’est interrogé sur la proximité persistante entre le pouvoir et certains activistes réputés pour leurs excès verbaux, évoquant des prises en charge financières et des accueils médiatiques dont certains d’entre eux auraient bénéficié.

Il a notamment cité le cas de Lanlaire, qui affirme lui-même, dans une vidéo, avoir reçu 150 000 euros d’un membre de la délégation présidentielle, avant de publier, dès le lendemain, une vidéo à charge contre le président et sa famille.

« La volonté d’inclusion ne saurait devenir une immunité pour ceux réputés professionnels de l’insulte et de l’outrage du fait de leur proximité avec les collaborateurs du chef de l’État », a martelé Foumboula Libeka Makosso.

« L’insulte, la diffamation, l’outrage sont des délits, et non une manifestation de la liberté d’expression », a-t-il rappelé.

Le leader civique s’est demandé d’où venait « cette fascination apparente que les autorités gabonaises semblent avoir pour ceux de la diaspora qui ne brillent que par l’insulte, l’outrage, la diffamation, au point de toujours vouloir rechercher leur approbation sur les actions du président de la République ».

Il a rappelé que ces mêmes autorités, pourtant copieusement insultées, ont mobilisé de l’argent public pour financer le séjour de certains activistes au Gabon, invités à constater les réalisations du chef de l’État et à assister à l’inauguration du Palais des congrès. Certains d’entre eux, réputés pour leurs excès verbaux, avaient alors décliné l’invitation tout en en exhibant la preuve. Plus récemment, à l’occasion de la visite d’État du président en France, ces mêmes activistes auraient de nouveau été sollicités par son entourage pour manifester publiquement leur soutien.

« On serait tenté de croire que les autorités cherchent l’approbation de personnes dont la seule qualité est l’insulte, la diffamation, l’outrage », a-t-il lancé, non sans amertume.

« Par respect pour les près de 600 000 électeurs qui ont voté pour lui, le président de la République et ses collaborateurs doivent mettre fin à cette trop grande proximité avec ces présumés activistes, dont l’outrage et les insultes sont les seuls états de service. Il s’agit ici de défendre l’image de la République », a-t-il conseillé.

« Cette proximité avec les autorités, tant vantée par ces activistes de la dérive verbale, crée chez eux, à mon sens, l’assurance d’être estimés, considérés, intouchables et craints, d’autant qu’ils n’ont jamais fait l’objet de poursuites de la part de la Présidence, du gouvernement ou du parquet de la République », a-t-il déploré.

Mais le propos de Geoffroy Foumboula Libeka Makosso ne se limite pas au constat. Il a averti que « les autorités administratives et judiciaires du Gabon, par leur silence face à ces dérives verbales, se retrouveraient être les premières à banaliser et normaliser des actes pour lesquels elles disent pourtant s’indigner ».

Il a finalement appelé à l’ouverture de poursuites judiciaires contre ceux qu’il qualifie de « professionnels de l’injure ».

Marie Dorothée

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