Le paiement de la prime de vacation est souvent à l’origine des grèves comme ici avec SOS Education © Archives Gabonactu
Le Procureur de la République près le Tribunal de première instance de Libreville, Dick Fabrice Boungou Mickolo, a révélé vendredi l’existence d’un système de fraude organisé, en place depuis plusieurs années après l’arrestation d’une vingtaine d’agents du ministère de l’Education nationale présumés être les cerveaux de cette fraude financière.
Dans une déclaration officielle, le magistrat a dénoncé une véritable « mafia » impliquant plusieurs agents, dont une majorité serait issue de la direction centrale des affaires financières du ministère. Les investigations en cours ont permis de mettre en lumière un mécanisme bien rodé de détournement des primes destinées aux personnels mobilisés lors des examens d’État.
Selon les premiers éléments de l’enquête, un dépassement de plus de 700 millions de francs CFA a été constaté dans le fichier des bénéficiaires des primes de vacation l’année dernière, laissant présumer l’existence de bénéficiaires fictifs ou indûment inscrits.
« Ce système existerait depuis plusieurs années, au point de s’être progressivement enraciné dans les pratiques administratives », a souligné le Procureur, évoquant une fraude structurelle plutôt qu’isolée.
À ce jour, 25 personnes ont été auditionnées dans le cadre de cette affaire. Vingt d’entre elles sont actuellement placées en garde à vue, tandis que deux autres ont été remises en liberté pour des raisons de santé.
Sur le terrain, les véritables bénéficiaires de ces primes, notamment les enseignants chargés de la surveillance et de la correction des examens d’Etat (CEP, BEPC et baccalauréat), n’ont cessé de dénoncer des paiements dérisoires. Certains affirment n’avoir perçu que des sommes allant de 5 000 à 15 000 FCFA, très loin des montants officiellement prévus.
Ce contraste entre les montants détournés et les faibles rémunérations versées aux agents de terrain renforce l’indignation et met en évidence l’ampleur du préjudice subi.
Le ministère public assure que les investigations se poursuivent afin d’identifier l’ensemble des responsables et de déterminer avec précision le montant total du préjudice causé à l’État.
Marie Dorothée
