Une opération conjointe menée par l’Office central de lutte antidrogue (OCLAD), avec l’appui de la Direction générale des recherches (DGR), de la Direction générale de la documentation et de l’immigration (DGDI), ainsi que de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), a permis de démanteler un réseau international de trafic de stupéfiants. L’opération s’est conclue par la saisie d’un (1) tonne et 320 kilogrammes de cannabis introduits clandestinement sur le territoire national depuis le Nigéria.

La cargaison, répartie dans 65 sacs est estimée à près de 800 millions de Francs CFA, a été interceptée alors qu’elle venait d’être acheminée par voie maritime. Au cours de cette opération, huit (8) personnes de nationalités nigériane, béninoise, togolaise et gabonaise ont été arrêtées. Les enquêteurs privilégient la piste d’un vaste réseau criminel transfrontalier dont les principaux responsables seraient basés au Nigéria.
Lors des auditions, un ressortissant nigérian, présenté comme l’un des convoyeurs de la marchandise, a reconnu avoir accepté cette mission contre la promesse d’une rémunération de 600 000 Francs CFA. Il a admis avoir parfaitement connaissance de la nature illicite de la cargaison, expliquant que l’appât du gain l’avait poussé à participer à cette opération.
Les investigations révèlent que la drogue est arrivée à bord d’une pirogue en provenance du Nigéria. L’embarcation transportait également six (6) migrants en situation irrégulière, dont un homme et cinq femmes de nationalité nigériane, togolaise et béninoise. Les autorités poursuivent leurs investigations afin d’identifier l’ensemble des ramifications de cette organisation criminelle.
Les enquêteurs soupçonnent un ressortissant béninois d’être le principal relais du réseau à Libreville. Celui-ci affirme avoir intégré l’organisation il y a environ six mois après avoir rencontré l’un de ses membres de la bande. Il soutient avoir été contraint de mettre son véhicule à la disposition du réseau après avoir reçu des menaces, une version que les enquêteurs s’emploient à vérifier.

Parmi les personnes interpellées figure également un gabonais présenté comme le distributeur local du cannabis. Il a reconnu exercer cette activité depuis près de deux ans, affirmant que les revenus tirés de ce trafic lui permettaient de financer ses soins médicaux. À l’issue de leur présentation devant le parquet, l’ensemble des mis en cause a été placé sous mandat de dépôt et écroué à la prison centrale de Libreville.
Cette importante saisie illustre la détermination des forces de défense et de sécurité à intensifier la lutte contre le trafic de stupéfiants et les réseaux criminels transnationaux. Depuis plusieurs mois, les services spécialisés multiplient les opérations de démantèlement de filières de drogue opérant entre les pays de la sous-région et le Gabon, dans un contexte marqué par une vigilance accrue face à l’expansion du crime organisé et des trafics illicites.
Féeodora Madiba et Stone Ferrari Mikala
