Trente-neuf jours après l’arrestation et le placement en détention de l’ancien Premier ministre Alain-Claude Bilie-By-Nze, sa famille est sortie du silence ce vendredi 23 mai 2026 à Akanda à travers une déclaration de presse. Face aux médias, les proches de l’ancien candidat à l’élection présidentielle d’avril 2025 ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme une atteinte aux principes de l’État de droit et ont demandé sa remise en liberté provisoire.
Dans leur déclaration, les membres de la famille Bilie-By-Nze ont affirmé avoir gardé le silence par « respect pour l’institution judiciaire », avant d’estimer que la situation actuelle soulève de nombreuses interrogations. Ils dénoncent notamment les conditions de détention de l’ancien chef du gouvernement, maintenu en isolement depuis plus d’un mois à la prison centrale de Libreville.
Les proches d’Alain-Claude Bilie-By-Nze reviennent également sur l’origine de l’affaire judiciaire. Selon eux, les faits reprochés remontent à 2008, dans le cadre de l’organisation de la Fête des Cultures. Ils expliquent que plusieurs membres du comité d’organisation avaient alors contribué financièrement afin d’éviter l’annulation de l’événement, faute de financement public disponible. D’après la famille, Alain-Claude Bilie-By-Nze avait personnellement versé trois millions de FCFA, tandis que Madame Baba Ramatou avait contribué à hauteur de cinq millions de FCFA.
La famille s’interroge sur la réactivation de cette affaire près de deux décennies plus tard. « Pourquoi maintenant ? », demandent les proches de l’opposant, qui voient dans cette procédure des éléments susceptibles de nourrir le débat sur l’indépendance de la justice. Ils évoquent également les circonstances de son interpellation, décrites comme particulièrement brutales, avec la présence d’hommes encagoulés et la saisie de certains effets personnels.
Au cours de cette déclaration, la famille a cité plusieurs réactions attribuées à des responsables syndicaux du secteur judiciaire. Elle rappelle notamment les propos du président du Syndicat national des greffiers du Gabon, qui aurait estimé que cette affaire pose « la frontière entre justice et politique ». Les proches de l’ancien Premier ministre ont aussi mentionné une déclaration attribuée au président du Syndicat national des magistrats du Gabon, selon laquelle cette détention « ne sert ni la démocratie, ni la crédibilité et l’indépendance de la justice ».
Au-delà du cas personnel d’Alain-Claude Bilie-By-Nze, la famille affirme vouloir alerter sur les conséquences qu’une justice perçue comme instrumentalisée pourrait avoir sur les institutions et les libertés publiques. « Une injustice tolérée aujourd’hui peut devenir la norme de demain », ont déclaré les proches de l’ancien chef du gouvernement, qui disent craindre une dégradation du climat démocratique au Gabon.
En conclusion, la famille d’Alain-Claude Bilie-By-Nze a lancé un appel à la mobilisation en faveur du respect des droits et des garanties judiciaires. Elle a remercié les avocats, les médias, les organisations citoyennes ainsi que les soutiens exprimés au Gabon et dans la diaspora. Les proches de l’ancien Premier ministre réclament désormais sa libération provisoire afin qu’il puisse préparer sa défense « dans des conditions conformes aux principes d’un procès équitable ».
Christina Thélin Ondo
