L’Assemblée nationale a clos, ce mardi 30 juin 2026 au Palais Léon Mba à Libreville, sa première session ordinaire de la 14ᵉ législature. La cérémonie a permis de dresser le bilan de quatre mois de travaux parlementaires, marqués par l’examen de plusieurs réformes majeures, tout en rappelant les exigences de qualité dans la préparation des textes de loi et la nécessité d’une meilleure collaboration entre le Gouvernement et le Parlement.
Durant cette session, les députés ont examiné 33 projets de loi et en ont adopté 23. Les textes concernent notamment la loi de finances rectificative 2026, le Code de la nationalité, le Code de la communication, la réglementation des réseaux sociaux, l’archivage électronique, la propriété foncière, la lutte contre le tabac ainsi que plusieurs ordonnances relatives aux jeux de hasard. Une séance de questions orales a également permis aux députés d’exercer leur mission de contrôle de l’action gouvernementale.
Le bilan a aussi mis en avant plusieurs mesures déjà effectives, parmi lesquelles le remboursement des épargnants de Poste S.A. et le paiement d’une nouvelle tranche des rappels de solde des agents publics. Malgré ces avancées, les préoccupations liées au pouvoir d’achat, au chômage des jeunes, à l’insécurité, ainsi qu’aux difficultés d’accès à l’eau et à l’électricité demeurent au cœur des attentes des populations.
« Nous entendons les cris des Gabonaises et des Gabonais sur le pouvoir d’achat, le chômage des jeunes, l’insécurité galopante dans nos villes, le sempiternel problème de l’eau et de l’énergie », a rappelé Michel Régis Onanga M. Ndiaye.
La qualité des textes transmis au Parlement a occupé une place importante dans cette clôture de session. Plusieurs projets sont arrivés avec des dossiers incomplets ou sans certaines pièces exigées par les procédures en vigueur.
« J’interpelle avec insistance le Gouvernement à se conformer strictement au décret réglementant les procédures d’adoption, de promulgation et de publication des textes en République gabonaise », a insisté le président de l’Assemblée nationale, qui a annoncé que les textes non conformes ne seront plus reçus.
Le président de l’institution a également tenu à rappeler que le Parlement exerce pleinement les missions que lui confie la Constitution. L’examen approfondi des textes, les amendements ou les renvois au Gouvernement, lorsque cela est nécessaire, répondent au souci de garantir des lois solides et adaptées aux réalités du pays. « La procédure est le garde-fou de la démocratie », a-t-il souligné.
La session a aussi permis de mettre en lumière le retour actif de la diplomatie parlementaire gabonaise. Les députés ont pris part à plusieurs rencontres au sein du Parlement de la CEMAC, de l’Union interparlementaire et de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie. Ces rendez-vous ont contribué au renforcement de la place du Parlement gabonais dans les instances régionales et internationales.
Avant de déclarer la session close, Michel Régis Onanga M. Ndiaye a invité les députés à rendre compte de leur travail dans leurs circonscriptions et a lancé un appel aux professionnels des médias. « Le Gabon a besoin d’une presse libre, exigeante, mais responsable. D’une presse qui éclaire, pas qui manipule », a-t-il conclu.
Christina Thélin Ondo
