Port-Gentil / Marchés Publics : Arsène Boundzanga et Alexis Delors n’ont rien détourné (Féfé Onanga)

À la faveur d’une déclaration publique, faite samedi à Port-Gentil, l’acteur politique Féfé Onanga a vivement dénoncé ce qu’il considère comme un vaste système de détournement de fonds autour de certains marchés publics dans la province de l’Ogooué-Maritime (littoral sud). S’adressant directement au président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguéma, il a appelé à une enquête approfondie sur les dossiers des entrepreneurs Arsène Boudzanga et Alexis Delors, qu’il estime injustement mis en cause dans une affaire de détournement de fonds présumé.

Dans le contexte de la visite présidentielle du 12 avril 2026 dans l’Ogooué-Maritime, de nombreux activistes avaient en effet multiplié des interventions sur les réseaux sociaux pour dénoncer l’arrêt des travaux de plusieurs chantiers du 4ᵉ arrondissement de Port-Gentil, attribuées à l’entrepreneur Alexis Delors, représentant un investissement estimé à près de deux milliards de Francs CFA.

Au cœur de cette affaire figure notamment le chantier de réhabilitation du lycée d’État Joseph Ambouroue Avaro de Port-Gentil, confié à l’entrepreneur Arsène Boudzanga. Selon Féfé Onanga, ce dernier n’aurait jamais détourné les fonds qui lui sont reprochés et serait au contraire victime d’un système opaque ayant conduit à la disparition de plusieurs centaines de millions de Francs CFA.

« Arsène Boudzanga a bel et bien démontré qu’il n’avait pas détourné d’argent. Ceux qui ont mangé les 900 millions de francs CFA sont tapis dans l’ombre. J’attire l’attention du chef de l’État pour lui dire qu’il est entouré d’une bande de voyous qui ressemblent à la mafia italienne », a fulminé Féfé Onanga.

Pour l’acteur politique, la question centrale demeure celle des 900 millions de Francs CFA dont le décaissement aurait été validé administrativement mais qui, selon lui, n’auraient jamais été reversés à l’entreprise adjudicataire. Il estime que les véritables bénéficiaires de ces fonds n’ont toujours pas été identifiés alors que les entrepreneurs concernés ont subi de lourdes conséquences judiciaires et médiatiques.

« Ils ont tout fait pour que le président ne s’arrête pas sur le chantier du lycée d’Etat Joseph Ambouroué Avaro comme souhaité. Quelques jours après, l’entrepreneur a été arrêté comme un malfaiteur. Arsène Boudzanga est arrivé dans une cour où il ne sait pas danser », a-t-il affirmé, qualifiant cette décision comme profondément injuste.

Au-delà des accusations de détournement présumé, Féfé Onanga a également mis en lumière les répercussions sociales de cette situation. Selon lui, l’arrêt du chantier du lycée d’État Joseph Ambouroue Avaro a plongé de nombreux ouvriers dans une situation de grande précarité, plusieurs travailleurs accusant aujourd’hui des mois d’arriérés de salaires.

« Alexis Delors et Arsène Boudzanga sont des jeunes entrepreneurs gabonais. Leurs noms ont été salis, ils ont été arrêtés et exposés publiquement alors que les véritables voleurs sont tapis dans l’ombre. Monsieur le Président, Arsène Boudzanga n’a jamais perçu les 900 millions de francs CFA malgré les signatures. Où est passé cet argent ? Justice doit être faite », a martelé Féfé Onanga.

Face à cette situation, il a lancé un appel solennel au président de la République afin que toute la lumière soit faite sur cette affaire, que les responsabilités soient établies et que les travaux du lycée puissent reprendre dans les meilleurs délais.

Elliott Ana Merveille et Jean-Jacques Rovaria Djodji

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