Vie chère : quatre nouvelles taxes font craindre une flambée du prix des billets d’avion au Gabon

Plusieurs mesures fiscales et tarifaires applicables au transport aérien sont entrées en vigueur au Gabon, conformément à la loi de finances rectificative du 17 juillet 2026 et à deux arrêtés datés du 10 juin 2026, une évolution qui fait craindre une hausse mécanique du prix des billets d’avion pour les voyageurs.

Quatre nouvelles taxes sont concernées : l’élargissement de la redevance dite « R4 » à l’ensemble des aéroports du pays, la réinstauration de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) au taux de 18 % sur les vols domestiques, une augmentation des redevances de sûreté aéroportuaire, ainsi que l’application d’une nouvelle redevance baptisée « Sécuriport ». Ces mesures s’ajoutent à la fiscalité déjà en vigueur dans le secteur aérien gabonais, qui comptait jusqu’ici plusieurs autres taxes et redevances aéroportuaires.

Selon les chiffres avancés, l’ensemble de ce nouveau dispositif doit générer environ 80 milliards de FCFA de recettes annuelles. Une large part de cette manne doit toutefois bénéficier à des entreprises non gabonaises : la société GSEZ percevrait 37,7 milliards de FCFA (47 %) et Securiport 16,4 milliards de FCFA (21 %). Le reste des recettes reviendrait à des acteurs institutionnels gabonais, avec 8 milliards de FCFA (10 %) pour l’Agence nationale de l’aviation civile (ANAC), 9,5 milliards de FCFA (12 %) pour l’ONSFAG et 7,3 milliards de FCFA (9 %) pour Westminster.

De son côté, la compagnie FlyGabon a tenu à préciser que ces prélèvements ne constituent pas des revenus pour elle, tout en reconnaissant que leur mise en œuvre entraîne une hausse automatique du prix total des billets, indépendamment de sa propre grille tarifaire.

La compagnie a par ailleurs annoncé avoir décidé, après évaluation des conséquences économiques, sociales et opérationnelles de la nouvelle disposition relative à la redevance R4, de ne pas la collecter auprès de ses passagers pour l’instant, dans l’attente de précisions sur ses conditions d’application.

Carl Nsitou

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