Dans le cadre d’une prise de parole publique, ce lundi, à Akanda, dans la banlieue nord de Libreville, l’ancien ministre, Frank Nguéma, a livré sa lecture du dernier rapport annuel 2025 de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sur le système national de santé, à la lumière de la polémique née autour des prestations de couverture maladie servie aux assurés de la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS).
Selon Frank Nguéma, le rapport de l’OMS ne remet pas en cause l’existence même du système d’assurance maladie gabonais, estimant que certaines analyses relayées sur les réseaux sociaux déforment les conclusions du document, lequel souligne plutôt la nécessité de restructurer et d’améliorer l’efficacité du dispositif de couverture sanitaire.

« Le rapport 2025 de l’OMS ne confirme pas l’existence d’une arnaque de la CNAMGS », a déclaré l’ancien membre du gouvernement, précisant qu’aucune allusion à une « fraude » ou à un « détournement du système » n’apparaît dans les conclusions de l’organisation internationale.
Le véritable enjeu, souligne-t-il, réside dans l’écart entre la couverture administrative et la couverture effective. Bien que 76 % de la population soit enregistrée à la CNAMGS, une partie des assurés rencontre encore des difficultés pour accéder à des soins complets et de qualité, ainsi que le relève d’ailleurs le rapport de l’OMS, a-t-il fait observer.
« Le véritable problème n’est pas seulement financier, administratif et organisationnel ; le problème principal est désormais l’écart entre la couverture médicale annoncée et la couverture médicale réellement vécue par les populations », a-t-il expliqué.
Frank Nguéma estime ainsi que la réussite de la CNAMGS ne devrait plus être évaluée uniquement à travers le nombre d’assurés enregistrés ou de cartes délivrées. Il recommande de privilégier des indicateurs liés à l’accès réel aux soins, à la disponibilité des médicaments et à la qualité de la prise en charge.
L’ancien ministre propose également une réforme structurelle de la CNAMGS afin d’en faire un véritable instrument de performance sanitaire. Cette évolution permettrait, selon lui, de renforcer la confiance des populations tout en améliorant l’efficacité de la politique nationale de protection sociale.
Franck Nguéma considère que le principal défi des prochaines années serait de garantir à chaque assuré l’accès effectif aux prestations auxquelles il a droit, afin que la couverture maladie universelle produise pleinement ses effets sur le bien-être des populations et la lutte contre la pauvreté.
Alph ’-Whilem Eslie et Roberte Adé
