Une décision majeure de la justice gabonaise est attendue ce mardi dans l’affaire Alain-Claude Bilie-By-Nzé. La chambre d’accusation doit examiner deux recours introduits par les avocats de l’opposant : l’un contestant son placement sous mandat de dépôt, l’autre visant le refus du juge d’instruction de lui accorder une liberté provisoire.
« Nous avons formé ces appels, évidemment, pour obtenir la libération de notre client », a déclaré à la rédaction de Gabonactu.com Maître Gisèle Eyue Bekalé, l’une des avocates du président du parti Ensemble pour le Gabon (EPG).
Ce jour, Bilie By Nze sera donc fixé sur son sort. Soit le juge décidera de lui accorder une liberté provisoire soit le maintenir en prison en attendant son procès à une date non encore connue.
La défense de l’ancien Premier ministre conteste à la fois la décision de placement en détention et le rejet de la demande de mise en liberté provisoire. Elle rappelle qu’en droit, la liberté constitue le principe et la détention l’exception.
Selon ses conseils, Alain-Claude Bilie-By-Nzé présente toutes les garanties de représentation : il dispose d’un domicile connu à Libreville et son ancrage dans le pays ne fait, selon eux, aucun doute. « Il offre toutes les garanties nécessaires et ne saurait se soustraire à la justice », a soutenu un autre membre de son équipe de défense.
L’ancien chef du gouvernement a été interpellé manu militari devant sa résidence par des éléments de la Direction générale des recherches (DGR), dans le cadre d’une affaire d’escroquerie remontant à 2008, soit il y a dix-sept ans.
À l’époque, alors membre du comité d’organisation de l’ancienne fête nationale des cultures, il aurait perçu une contribution de 5 millions de FCFA de la part de Baba Ramatou, dans l’attente d’un remboursement conditionné au déblocage de fonds publics. Plusieurs cadres avaient également contribué financièrement — dont Bilie-By-Nzé lui-même, à hauteur de 3 millions de FCFA — afin de sauver l’événement menacé d’annulation faute de budget.
N’ayant jamais été remboursée, Baba Ramatou a finalement saisi la justice, à l’origine de la procédure ayant conduit à l’arrestation et au placement en détention de l’opposant.
De son côté, le parti Ensemble pour le Gabon dénonce une instrumentalisation de la justice, pointant la célérité de l’intervention des forces de sécurité ainsi que ce qu’il considère comme des zones d’ombre dans le traitement du dossier.
Carl Nsitou
