Etéké : Une  »bande » d’exploitants illégaux et de trafiquants d’or démantelée

Un important réseau d’orpailleurs clandestins installés sur le site de Punga, une concession légalement attribuée à la société Managem-Gabon, a été démantelé à la suite d’une vaste opération, baptisée Ekura, menée du 15 au 19 juin dernier, par une mission conjointe des forces de défense et de sécurité, appuyées par des agents du ministère des Mines, département de l’Ogoulou, à Etéké, près de Mouila, dans la province de la Ngounié (sud). Cette opération rentre dans le cadre de l’intensification de la lutte contre l’exploitation illégale des ressources minières au Gabon.

Au terme de l’opération, 55 personnes ont été interpellées, dont 28 ressortissants chinois, 21 gabonais, deux camerounais, trois ghanéens et un burkinabè. Les mis en cause ont été placés à la disposition des officiers de police judiciaire à compétence spéciale.

Les premières auditions ont débuté dès vendredi dernier afin d’établir les responsabilités de chacun et d’identifier les éventuelles ramifications de ce réseau d’exploitation illicite. Leur présentation devant le parquet devrait intervenir dans les prochaines heures.

« Trop c’est trop. Le président de la République lui-même a tapé du poing sur la table le 8 octobre 2025 et le ministre actuel des Mines a dit que c’est maintenant tolérance zéro. L’exploitation illicite doit s’arrêter au Gabon. Et pour ce faire, vu que le ministère des Mines n’a pas les moyens opérationnels pour aller contrôler sur ce site, contrôler tout le Gabon, donc on a besoin de s’appuyer sur les forces de défense. Les procédures sont claires et nettes. Celui qui ne passe pas par ces procédures se retrouve dans l’illicite. Et ceux-là, nous devons les combattre. Ils sont de plus en plus nombreux à exercer dans nos forêts sans qu’on ne puisse les arrêter ou les contrôler », a déclaré Serge Abouma Simba, Directeur général de l’exploitation au ministère des Mines.

À l’origine de cette opération, une alerte lancée en mai dernier par les responsables de Managem-Gabon après avoir constaté une recrudescence inhabituelle des activités d’exploitation semi-industrielle sur leur concession. Informé de la situation par le ministre des Mines, le président de la République a ordonné une intervention afin de restaurer l’autorité de l’État sur cette zone stratégique.

Les investigations menées sur le terrain ont mis en évidence une organisation particulièrement structurée, dotée d’importants moyens logistiques et d’équipements de pointe, laissant penser que cette exploitation clandestine était active depuis plusieurs années.

L’opération a permis la saisie d’un important arsenal logistique utilisé pour l’exploitation clandestine de l’or. Les forces engagées ont récupéré neuf véhicules, dont plusieurs appartenant à des sociétés impliquées dans les activités minières illégales, des engins lourds servant à l’exploitation semi-industrielle, près de 480 grammes d’or brut évalués à plusieurs millions de Francs CFA, des moules destinés à la fabrication de lingots, des balances de précision, des armes à feu, ainsi que de nombreux autres équipements techniques retrouvés sur le site.

« Cette lutte va nous permettre de pouvoir sortir des territoires tous les exploitants qui exercent dans l’illégalité afin de pouvoir installer des opérateurs crédibles, des citoyens qui vont permettre à l’État de pouvoir répondre à l’obligation d’exploiter l’or correctement et de pouvoir enfin compter l’or comme ressource pouvant contribuer à la richesse et au PIB national », a expliqué Eléonore Boukandou, Conseillère technique au ministère des Mines.

À travers l’opération Ekura, les autorités gabonaises affichent leur volonté de mettre un terme à l’exploitation illégale de l’or et de reprendre le contrôle des sites miniers du pays. Cette intervention marque une nouvelle étape dans la politique de fermeté engagée par les pouvoirs publics pour protéger les ressources nationales, lutter contre les réseaux clandestins et garantir une exploitation conforme aux lois en vigueur.

Alph ’-Whilem Eslie et Roberte Adé

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