En pleine Coupe du monde 2026, la Tunisie a créé la surprise en confiant les rênes de sa sélection au technicien français Hervé Renard. Une décision exceptionnelle prise après la lourde défaite (5-1) concédée face à la Suède lors de la première journée, avec l’espoir de relancer des Aigles de Carthage déjà en grand danger dans la compétition.
La Fédération tunisienne de football a officialisé, mardi, la nomination d’Hervé Renard au poste de sélectionneur national en remplacement de Sabri Lamouchi, limogé seulement quelques jours après le début du Mondial.
Cette décision est particulièrement rare dans l’histoire de la Coupe du monde. Lors des précédents cas similaires, les fédérations concernées avaient préféré assurer l’intérim avec un membre du staff technique plutôt que de faire appel à un nouvel entraîneur venu de l’extérieur.
À 57 ans, Hervé Renard hérite d’une mission particulièrement délicate. Le technicien français devra rejoindre rapidement le camp de base tunisien installé à Monterrey, au Mexique, prendre connaissance d’un groupe qu’il n’a pas constitué et préparer, en seulement quelques jours, le match décisif contre le Japon prévu dimanche.
Une nouvelle défaite pourrait pratiquement condamner les Tunisiens à une élimination prématurée, surtout si les Pays-Bas s’imposent face à la Suède lors de l’autre rencontre du groupe.
Réputé pour son tempérament de bâtisseur et son goût des défis, Hervé Renard retrouve ainsi le continent africain, où il s’est forgé une solide réputation. Il participera à sa troisième Coupe du monde consécutive avec une troisième sélection différente, après avoir dirigé le Maroc puis l’Arabie saoudite.
Son parcours est étroitement lié à l’Afrique. Ancien adjoint du Français Claude Le Roy avec le Ghana, il s’est ensuite illustré en remportant la Coupe d’Afrique des nations avec la Zambie en 2012, l’un des plus grands exploits de l’histoire du football africain. Trois ans plus tard, il récidivait avec la Côte d’Ivoire, succédant déjà à Sabri Lamouchi.
Ces succès continentaux lui ont ouvert les portes de plusieurs sélections prestigieuses, notamment le Maroc et l’Arabie saoudite. C’est avec les Saoudiens qu’il a signé l’un des exploits les plus marquants du Mondial 2022 en battant l’Argentine (2-1), future championne du monde, lors de la phase de groupes.
Cependant, ses expériences les plus récentes ont été moins convaincantes. Malgré la qualification de l’Arabie saoudite pour le Mondial 2026, il a été remercié en avril dernier. Son passage à la tête de l’équipe de France féminine s’est également terminé sans trophée, avec deux éliminations en quarts de finale, à la Coupe du monde 2023 puis aux Jeux olympiques de Paris.
En acceptant de prendre les commandes de la Tunisie en plein Mondial, Hervé Renard relève sans doute l’un des défis les plus périlleux de sa carrière. Il devra tenter de redonner confiance à une équipe sonnée et préserver les chances de qualification d’une nation qui n’a jamais réussi à franchir le premier tour de la Coupe du monde en six précédentes participations.
Tryphene Lembah
Source : AFP
