Sylvia Bongo partage ses pensées à l’épouse et aux enfants de Bilie-By-Nze

Dans une publication sur sa page Facebook, l’ancienne première dame du Gabon, Sylvia Bongo Ondimba, a adressé dimanche un message de soutien à l’épouse et aux enfants de l’ancien Premier ministre Alain-Claude Bilie-By-Nze, actuellement en détention préventive à la prison centrale de Libreville depuis le 16 avril dernier.

« Mes pensées vont à son épouse et à ses enfants », a écrit Sylvia Bongo, qui a elle-même été détenue dans cet établissement après le coup d’État du 30 août 2023 qui a mis fin au régime de son époux, Ali Bongo Ondimba.

Ancien chef du gouvernement sous la présidence d’Ali Bongo et principal opposant du président Brice Clotaire Oligui Nguema dont il a aussi été le principal challenger à l’élection présidentielle de 2025, Alain-Claude Bilie-By-Nze est poursuivi dans une affaire présumée d’abus de confiance et d’escroquerie portant sur une somme de 5 millions de francs CFA (environ 7 600 euros), des faits qui remonteraient à 2008.

Son arrestation, en avril dernier, était intervenue peu après ses prises de position critiques envers la suspension des réseaux sociaux et la réforme controversée du code de la nationalité, adoptée sans débat parlementaire.

Ses avocats ont multiplié les recours pour obtenir sa remise en liberté, invoquant la prescription des faits reprochés et dénonçant une détention qu’ils qualifient d’arbitraire. Ces recours ont cependant été rejetés à plusieurs reprises par la justice gabonaise, qui a confirmé son maintien en détention.

C’est dans ce contexte que Sylvia Bongo a tenu à rappeler les grandes lignes du dossier : « Alain-Claude Bilie-By-Nze est détenu à la prison centrale de Libreville depuis le 16 avril, dans une affaire remontant à 2008 et portant sur cinq millions de francs CFA (environ 7 600 euros) », a-t-elle écrit, avant d’ajouter : « Ses recours ont été rejetés. Ses avocats invoquent la prescription et dénoncent une détention arbitraire. »

Prenant soin de ne pas se prononcer sur la culpabilité ou l’innocence de l’ancien Premier ministre, l’ancienne première dame a conclu son propos par un rappel de principe : « Je ne me prononce pas sur le fond d’un dossier que je ne connais pas. Je rappelle seulement ce qui vaut pour tous : la liberté est le principe, la détention l’exception. Une accusation n’a jamais valu preuve. »

Une sortie qui n’a rien d’anodin

Ce message de soutien intervient la veille de la commémoration du 66ème anniversaire de l’indépendance du Gabon, une date hautement symbolique et propice à une forte communication politique, gouvernementale.

Il faut dire que Sylvia Bongo connaît elle-même l’intérieur de la prison centrale de Libreville pour y avoir passé près de vingt mois, entre octobre 2023 et mai 2025, après le putsch qui a renversé son mari.

Libérée et autorisée à quitter le pays en mai 2025, elle vit aujourd’hui en exil à Londres, après un passage par l’Angola.

En novembre 2025, elle a été condamnée par contumace à vingt ans de prison pour détournement de fonds publics, corruption et blanchiment de capitaux — des accusations qu’elle conteste vigoureusement, affirmant vouloir porter l’affaire devant des juridictions internationales.

C’est donc avec le poids de sa propre expérience carcérale que Sylvia Bongo Ondimba choisit de se rappeler au bon souvenir des Gabonais, à travers un message empreint de compassion mais dont la portée politique, à la veille d’une date aussi symbolique, ne semble pas totalement innocente.

Camille Boussoughou

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