Photo de famille de la réunion ministérielle sur le SIE – CEMAC à Libreville / Gabonactu.com
Attendues à Libreville, les conclusions de la rencontre consacrée à l’optimisation, à l’harmonisation et à la mise en œuvre du Système d’information énergétique de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique Centrale (SIE-CEMAC). A la suite des experts, les ministres concernés planchent, ce vendredi, sur les mécanismes appelés à renforcer la collecte, la fiabilité et le partage des données énergétiques dans la sous-région. A l’ouverture de ces assises, le ministre gabonais chargé de l’Accès universel à l’eau et à l’énergie, Philippe Tonangoye, qui en préside les travaux, a insisté sur la nécessité de disposer d’informations fiables et sécurisées pour mieux orienter les politiques publiques en la matière dans les Etats membres.

Dès l’entame des travaux, les ministres en charge de l’énergie des pays de la sous-région se sont accordés pour reconnaitre que l’énergie constitue un facteur essentiel de production, d’industrialisation et de compétitivité économique qui joue un rôle déterminant dans l’amélioration des conditions de vie des populations, notamment dans les secteurs de l’éducation et de la santé.
En considération de cette observation pertinente, la mise en œuvre du SIE-CEMAC doit ainsi répondre à un triple enjeu notamment national, sous-régional et continental. Le dispositif doit notamment permettre d’alimenter le système d’information énergétique africain et de contribuer à l’harmonisation des statistiques énergétiques sur le continent.
Mais la réussite des politiques énergétiques passe, selon le ministre gabonais de l’Accès universel à l’eau et à l’énergie par la disponibilité de données régulières, comparables, précises et suffisamment détaillées. « Nous devons disposer de données qui soient fiables, des données qui soient régulières, qui soient régulièrement comparables et qui soient suffisamment désagrégées », a souligné Philippe Tonangoye.
Coopération énergétique et intégration régionale
A la suite des experts, la question de la sécurité des données occupe également une place importante dans les travaux de la présente réunion ministérielle, savoir que les informations relatives à l’eau et à l’énergie relèvent de la souveraineté et de la sécurité nationales. Leur partage entre les États doit donc, conviennent les participants, s’effectuer dans un cadre sécurisé, avec des niveaux d’accès clairement définis.
« Nous devons développer une vision commune pour le SIE-CEMAC, renforcer L’engagement politique des États membres, identifier les mécanismes de financement nécessaires et convenir d’une feuille de route claire pour sa mise en œuvre. A cet égard, les résultats attendus de cette réunion sont particulièrement importants. C’est une opportunité de construire ensemble un Système d’information Energétique régional qui ne soit pas simplement un outil statistique, mais un véritable instrument de prise de décision, de planification énergétique et d’intégration régionale. Un système qui permette à la CEMAC et à ses Etats membres de disposer de données comparables, fiables et à jour », a suggéré Rachid Ali Abdallah Hamid, Directeur exécutif de la Commission africaine de l’énergie (AFREC).
Dans cette perspective et les ministres en conviennent, le SIE CEMAC devra s’appuyer sur une architecture numérique moderne et interopérable. L’objectif est de permettre aux États membres de partager certaines informations stratégiques tout en garantissant leur contrôle, leur traçabilité et leur protection.
« Le rôle de ce système d’information dépasse la simple collecte des données, d’autant que le système agira comme le catalyseur des politiques communautaires et de la convergence économique, en établissant des protocoles communs de collecte, de validation et de diffusion de l’information. Il permettra de standardiser les indicateurs énergétiques, de comparer objectivement les situations des états membres et de fonder la gouvernance régionale sur les preuves tangibles », a affirmé Baltasar Engonga Edjo’o, président de la Commission de la CEMAC.
À Libreville, les travaux devront notamment permettre de dégager une compréhension commune de l’architecture du SIE-CEMAC, de faire le point sur l’état d’avancement des systèmes d’information énergétique nationaux, mais aussi d’identifier les principaux défis institutionnels. Définir des mécanismes communs d’harmonisation et de validation des données. La mobilisation des ressources nécessaires à la réalisation des actions prioritaires figure aussi parmi les attentes de cette rencontre.
Alph ’-Whilem Eslie et Frida Dodo
