Transport urbain au Gabon : il faut 10.000 taxis pour se réapproprier le secteur  dominé par les expatriés

Le secteur du transport urbain au Gabon est en pleine mutation. Avec l’arrivée de 200 nouveaux véhicules à Libreville dans le cadre du programme « Taxi Gab+ », les autorités affichent clairement leur ambition : redonner aux nationaux la maîtrise d’une activité économique jugée stratégique tout en créant des opportunités d’emploi durables.

Lors de la cérémonie marquant l’intégration de cette nouvelle flotte, le Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a réaffirmé sa vision d’un secteur du transport urbain largement dominé par les Gabonais. Pour le chef de l’État, cette initiative s’inscrit dans une politique plus globale de promotion de l’emploi et de l’entrepreneuriat national.

« Je dis aux Gabonais qu’il n’y a pas de sous-métiers; ils doivent travailler », a-t-il déclaré, appelant ses compatriotes à saisir les opportunités offertes par ce programme.

Selon lui, les bénéficiaires des véhicules mis à disposition doivent faire preuve de rigueur et de responsabilité afin de générer des recettes permettant d’acquérir progressivement de nouveaux taxis.

L’ambition affichée est particulièrement élevée. « Le but, c’est d’arriver à 10 000 Taxi Gab », a insisté le Président de la République. Avec les 200 nouveaux véhicules réceptionnés, la flotte nationale atteint désormais 1 066 taxis en activité. Un chiffre encore éloigné de l’objectif final, mais qui marque une progression significative vers la transformation du paysage du transport urbain.

Pour les autorités, l’enjeu dépasse la simple création d’emplois. Il s’agit également de permettre aux Gabonais de se réapproprier un marché estimé à environ 10 000 taxis sur l’ensemble du territoire national. Une perspective qui pourrait, à terme, modifier profondément l’organisation du secteur.

Le chef de l’État n’a d’ailleurs pas caché sa volonté de réserver progressivement cette activité aux citoyens gabonais. Évoquant les pratiques observées dans plusieurs pays, il a indiqué qu’une fois l’objectif atteint, les licences accordées aux opérateurs étrangers pourraient être retirées afin de faire du transport urbain un domaine prioritairement réservé aux nationaux.

Camille Boussoughou

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