Le malaise social autour de l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire (AGASA) semble loin d’être terminé. Des anciens agents de la structure, aujourd’hui licenciés et se considérant victimes d’une profonde injustice sociale, lancent un appel solennel au Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, afin qu’il intervienne dans un dossier qu’ils jugent marqué par de multiples violations du Code du travail gabonais.
« Nous voulons que le Chef de l’Etat nous vienne en aide pour mettre fin à cette situation d’injustice », a lancé Simon Edzang Ondo, ancien porte-parole du Syndicat national des travailleurs de l’AGASA.
À travers une déclaration portée cet ancien délégué syndical, ces ex-employés dénoncent une série de manquements ayant progressivement conduit à une crise sociale majeure avant leur licenciement.
Selon leur version des faits, tout serait parti d’une détérioration continue des conditions de travail et de l’absence de réponses satisfaisantes à leurs revendications répétées. Face à cette situation, les travailleurs affirment avoir respecté les procédures légales en adressant plusieurs préavis à leur employeur. Faute d’issue favorable, ils indiquent avoir déclenché, le 1er octobre 2025, un mouvement de grève qu’ils qualifient de légal, structuré et conforme aux dispositions du Code du travail gabonais.
Parmi les principales revendications figurait notamment le non-paiement des cotisations sociales à la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS), une situation qui, selon eux, aurait privé plusieurs agents de protections fondamentales liées à leur couverture sociale.
Les anciens agents évoquent également des situations humaines particulièrement préoccupantes. Certains travailleurs tombés malades durant l’exercice de leurs fonctions auraient, selon leurs témoignages, été laissés sans accompagnement suffisant. Plus préoccupant encore, ils affirment « qu’un collègue victime d’un accident de travail n’aurait bénéficié ni d’une prise en charge médicale adéquate ni d’un suivi administratif conforme aux obligations légales de l’employeur ».
À ces griefs s’ajoutent des retenues et suspensions de salaires qui auraient touché plusieurs agents après leur participation au mouvement social. Les ex-salariés considèrent ces mesures comme des sanctions prises en représailles à l’exercice d’un droit fondamental : celui de la grève.
Ils dénoncent également l’inefficacité des différentes démarches entreprises auprès de l’Inspection du travail. Selon eux, plusieurs avis et recommandations avaient pourtant été formulés afin d’encourager un retour à la normale et d’amener la direction générale à respecter ses obligations. Mais, regrettent-ils, ces décisions seraient restées sans application.
Autre point soulevé : le cas d’un agent soumis à une évaluation sanitaire conformément à des prescriptions médicales et qui aurait vu son salaire suspendu durant cette période. Une situation qui aurait plongé l’intéressé dans une grande précarité alors qu’aucune faute professionnelle ne lui était reprochée.
C’est dans ce contexte déjà tendu que serait intervenue la décision de licenciement des travailleurs concernés. Ces derniers soutiennent que les motifs avancés ne reposent sur aucun élément matériel vérifiable ni sur des faits objectivement établis. Ils considèrent leur éviction comme une mesure directement liée à leur engagement syndical et à leur participation au mouvement social.
Aujourd’hui, les anciens agents de l’AGASA estiment être victimes d’un licenciement manifestement abusif résultant, selon eux, d’une accumulation de violations des droits sociaux et professionnels. Ils réclament ainsi la reconnaissance du caractère abusif de leur licenciement, la réparation des préjudices matériels et moraux subis ainsi que le rétablissement de l’ensemble de leurs droits conformément aux textes en vigueur.
Camille Boussoughou
