France 24 : Ali Bongo bat en brèche les allégations d’Oligui Nguéma

L’ancien président de la République, Ali Bongo Ondimba, a, dans les propos contenus dans une déclaration rendue publique par son ancien ministre, Ali Akhbar Onanga Y’Obégué, par ailleurs Secrétaire général d’une des factions du Parti démocratique gabonais (PDG – ancien parti au pouvoir), se réclamant de l’aile loyaliste et légaliste, rejeté en bloc les affirmations faites à son sujet, par son successeur et ‘’tombeur’’, Brice Clotaire Oligui Nguéma, dans l’émission ‘’En tête à tête’’ de Marc Perelman, diffusée mardi sur France 24.

Selon la communication d’Ali Akhbar Onanga Y’Obégué, devenue virale sur la toile, contrairement aux propos d’Oligui Nguéma, Ali Bongo Ondimba déclare n’avoir jamais été absent de la direction des affaires du Gabon durant les cinq dernières années de son deuxième septennat, brutalement interrompu par le coup d’Etat ayant porté au pouvoir Oligui Nguéma, le 30 août 2023.

« Il prétend que j’aurais été, 5 années durant, un présent absent, privé de volonté et de pouvoir. Une seule question suffit alors : Qui l’a nommé ? Qui l’a placé à la tête de la Garde républicain ? Qui réunissait, seul, les Commandants en chef dont il faisait partie ? Si je n’étais rien, alors ses fonctions, ses galons et toute son ascension n’étaient rien non plus. Il ne peut pas, dans la même phrase, me déclarer absent et se déclarer légitime. Qu’il choisisse son mensonge », suggère Ali Bongo Ondimba.

L'ancien président Ali Bongo Ondimba à sa résidence de la Sablière © D.R.
L’ancien président Ali Bongo Ondimba à sa résidence de la Sablière © D.R.

Prenant l’opinion à témoin, l’ancien président déchu, regrette le silence complice des d’anciens ministres et personnalités haut-rang qui partageaient ces réunions de haut niveau avec la hiérarchie des forces de défense et de sécurité. « Leur silence ne change rien aux faits. Je déplore seulement leur manque de courage et de dignité », assène-t-il.

Dans le même temps, l’ancien président croit savoir que l’actuel chef de l’Etat nourrirait quelques comptes à lui rendre, relativement aux conditions d’incarcération de son épouse et de son fils, près de deux années durant.

« Monsieur Oligui affirme qu’il n’aurait aucun problème avec moi. C’est faux, et il le sait. On n’a pas aucun problème avec un homme dont on nie publiquement la torture infligée à l’épouse et au fils, tout en refusant la seule chose qu’un innocent réclamerait : une enquête indépendante. Il dit vouloir des preuves ? Qu’il lance une enquête, nous les remettrons. Elles existent, elles sont documentées et elles ont déjà été remises aux autorités françaises et aux instances des Nations-Unies », défie alors Ali Bongo Ondimba.

Les routes de l’exil

Ali Bongo Odimba vit actuellement entre Londres et Paris où il s’est établi après avoir été autorisé à quitter le pays, en mai 2025, avec son épouse, Sylvia, et son fils, Nourredin Bongo Valentin ; bénéficiant d’une liberté provisoire négociée, officiellement pour raisons médicales, à l’initiative du président angolais Joao Lourenço.

Sylvia (à droite) et Nourredin Bongo Valentin @ DR
Sylvia (à droite) et Nourredin Bongo Valentin @ DR

Quant à Ali Bongo Ondimba, les autorités gabonaises qui lui ont récemment délivré un passeport diplomatique, affirme qu’aucune charge ne pèse contre lui devant la justice gabonaise. A Marc Perelman, sur France 24, Oligui Nguéma, a redit que l’ancien président déchu est libre de ses mouvements, notamment de revenir au Gabon chaque fois que l’envie lui en prendrait.

Le chef de l’Etat gabonais a aussi indiqué que son prédécesseur aurait décliné l’invitation à lui faite à l’occasion de l’inauguration, le 3 mai écoulé, du musée de feu son père et prédécesseur, Omar Bongo Ondimba (1968-2009), sis dans l’enceinte du Palais des congrès de la Cité de la démocratie de Libreville, entièrement réhabilitée.

M.-O. Mignonne

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

error

Vous aimez l'article? Merci de le partager.