L’heure de la reddition des comptes a manifestement sonné pour les membres du gouvernement, attendus sur la place publique pour édifier l’opinion sur une exigence édictée par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguéma : Renseigner sur les réalisations et avancées sectorielles, dans le cadre des engagements des 100 premiers jours de leur magistère. Au ministère du Pétrole et du gaz, où officie Clotaire Kondja, la feuille de route prescrite s’est organisée autour de cinq (5) axes prioritaires, définis pour donner plus de cohérence, de lisibilité et d’efficacité à l’action publique dans le secteur des hydrocarbures. Au finish, c’est 97,84% du taux d’exécution, selon les chiffres et les données clés énoncés dans un document-bilan des 100 premiers jours, dont Gabonactu.com a reçu copie.
Pour Clotaire Kondja et ses équipes, la mission prescrite consistait, au terme de ses 100 premiers jours, à poser les fondations propres à fiabiliser la production et moderniser les infrastructures critiques ; exécuter les décrets de Contrats d’exploitation et de partage de production (CEPP) ; mener à terme les acquisitions d’infrastructures critiques ; développer les opportunités gazières et réduire le torchage ; et renforcer la gouvernance, la formation et la responsabilité sociale.

Il s’agissait en clair, de capitaliser, sur ces trois derniers mois, les résultats d’une année d’exercice au cours duquel le ministère du Pétrole et du gaz a engagé une dynamique de relance structurée. Au chapitre des principales avancées : la réforme du cadre légal, les contrats d’hydrocarbures, la sécurisation de l’approvisionnement, les contrôles qualité, les infrastructures aval, la formation des agents et le contenu local.
Résultats, chiffres clés et bons points
Il apparaît finalement sur le décompte que la feuille de route ministérielle affiche un taux d’exécution des objectifs assignés à hauteur de 97,83%, traduisant une forte mobilisation des services et des directions techniques ; mais aussi un leadership incontestable à la tête d’un département ministériel sensible en tous points de vue, véritable poumon de l’économie nationale.
Dans les faits, 9 contrats d’hydrocarbures ont été signés ; 38 blocs attribués sur les 44 blocs sollicités, soit 86,4% de taux d’attribution ; et plus de 93 mille km2 attribués, soit 36,5% du domaine pétrolier national.
Production, réserves pétrolières et plus-value
La mise en production de Grand N’Gongui doit apporter une contribution supplémentaire estimée à 10 000 barils par jour, à côté des 24 millions de réserves que regorge le champ Magoga, récemment découvert, soit 2 300 barils par jour. La mise en production imminente du futur champ Boudron devrait également fournir 25 000 barils par jour, à l’horizon 2028, à travers le renouvellement et l’extension du permis Dusafu.
En y intégrant les opérations de rachat des actifs de Tullow Oil et de SMP Afrique, ayant permis d’accroître la production nationale de 12 000 barils par jour, les spécialistes estiment que dans un contexte de déclin naturel de certains champs matures, toute cette contribution représente un signal positif. Elle devrait permettre de soutenir la production nationale, de consolider les ressources de l’Etat et de renforcer la place du pétrole dans l’économie gabonaise, avec des incidences sociales indéniables.
« Chaque baril produit doit contribuer davantage à la souveraineté et au développement national. Explorer aujourd’hui c’est préparer les revenus, les emplois et les investissements de demain », de l’avis du président de la République, chef de l’Etat, Brice Clotaire Oligui Nguéma.
Gaz et distribution
Le renforcement des capacités de remplissage a constitué une réponse concrète aux besoins des ménages car le gaz domestique occupe une place centrale dans le quotidien des populations gabonaises. C’est dans ce contexte qu’a été récemment livré le centre emplisseur SGEPP de Port-Gentil (littoral sud) et celui de Moanda (sud-est) est en cours.

Les capacités nationales d’environ 200 tonnes de GPL (Gaz de pétrole liquefié) par jour permet de renforcer les opérations d’emplissage de bouteilles et d’améliorer la disponibilité du produit. Elles permettent dans le même temps, de sécuriser l’approvisionnement, de réduire les ruptures et de renforcer la couverture nationale.
Trois (03) entrepôts de gaz ont ainsi été livrés à Oyem (nord), Franceville (sud-est) et Tchibanga (sud-ouest) ; contribuant ainsi à améliorer la couverture nationale. Treize (13) stations-services ont par ailleurs été livrées en une année, sur le territoire national, pour renforcer le réseau de distribution ; rapprocher les produits pétroliers des populations ; soutenir la mobilité, l’activité économique et la continuité du service.
Responsabilité sociétale et environnementale
Les contrôles de qualité se sont intensifiés au cours de ces dernières semaines, avec l’inspection de 31 stations-service, 15 navires pétroliers et 1 dépôt ; d’autant que les contrôles des installations contribuent à prévenir les risques, garantir la sécurité des usagers et assurer la continuité de l’approvisionnement.
Mais loin de ne se limiter qu’aux actifs et aux infrastructures, la souveraineté énergétique repose aussi sur les compétences nationales. C’est ainsi que dans les effectifs de l’aval pétrolier (transport et distribution), la présence gabonaise est passée de 69% à 84%, soit une progression de 15%, avec 1167 gabonais recensés.
On dénombre notamment 96% de pompistes gabonais, à avril 2026. Dans les autres postes, la dynamique est également positive, savoir que les fonctions de caisse, restauration et graissage atteignent 97% de gabonais.

Au sein de l’administration de tutelle, allant au-delà des prévisions (227), c’est au total 230 agents du ministère du pétrole et du gaz qui ont été formés, dans le cadre des sessions de renforcement des capacités sur 14 modules, axés sur le suivi, la régulation et le contrôle du secteur.
Ainsi donc, ces résultats étalés sur une année d’exercice, consolidés et renforcés au cours de ces 100 derniers jours permettent d’envisager, pour la période 2026-2030, de transformer les fondations en résultats durables.
Pour les années à venir, les priorités du secteur pétrolier et gazier, a-t-on appris, devront porter sur la poursuite de la réforme, l’accroissement de la production, la valorisation du gaz, la réduction du torchage, le renforcement des infrastructures aval et la montée en compétence des nationaux.
Féeodora Madiba
*Source : ministère du Pétrole et du gaz
N.B.: Le titre, le lead et certains inter-titres sont de la rédaction
