Anciens étudiants gabonais de l’OFPPT Maroc: dix années d’attente et de précarité

Près de dix ans après leur départ pour le Maroc dans le cadre d’une coopération entre Libreville et Rabat, des formateurs gabonais issus de l’Office de Formation Professionnelle et de la Promotion du Travail (OFPPT) dénoncent leur non-intégration dans l’administration publique. Réunis au sein d’un collectif, ils interpellent les autorités sur leur situation administrative et financière, qu’ils jugent devenue insoutenable.

Dans un communiqué rendu public le 1er mai 2026 à Libreville, le Collectif des formateurs gabonais issus de l’OFPPT du Maroc dit vivre une situation « préoccupante » malgré les sacrifices consentis pour répondre à l’appel des autorités gabonaises.

Entre 2014 et 2018, près de 200 jeunes Gabonais avaient été envoyés au Royaume du Maroc pour une formation professionnelle de trois ans destinée à renforcer les capacités nationales dans les centres de formation professionnelle. Mais, à leur retour, plusieurs affirment n’avoir reçu « aucun retour concret de l’État », les poussant pour certains à s’installer durablement au Maroc ou à émigrer vers le Canada et d’autres pays.

Le collectif explique qu’à la faveur de l’appel lancé par le Président de la Transition, le Général Brice Clotaire Oligui Nguema, plusieurs formateurs ont choisi de rentrer au Gabon, notamment en 2025. Placés sous la tutelle du ministère de la Formation professionnelle, ils saluent néanmoins l’implication de l’ancien ministre Philippe Tonangoye, qui aurait permis l’attribution de 23 matricules administratifs pour les dossiers jugés complets.

Malgré cette avancée, les concernés dénoncent un blocage persistant depuis novembre 2025 concernant leur mise en solde. Une attente qui fragilise davantage des professionnels ayant, pour certains, abandonné des emplois stables à l’étranger pour servir leur pays.

Au-delà de leurs revendications administratives, ces formateurs estiment que leur situation met en lumière un dysfonctionnement plus profond dans la gestion des ressources humaines de l’État. « Pourquoi former des Gabonais à l’étranger si leur expertise n’est pas valorisée ? », s’interroge le collectif, rappelant que les centres de formation professionnelle du pays souffrent d’un manque de formateurs qualifiés.

Derrière ce dossier, les conséquences humaines sont lourdes : précarité, inactivité, difficultés familiales et sentiment d’abandon. Le collectif révèle également qu’une de leurs collègues est récemment décédée sans avoir perçu son premier bon de caisse, alors qu’elle faisait face à des problèmes de santé.

L’Office de Formation Professionnelle et de la Promotion du Travail (OFPPT) est le principal organisme public marocain chargé de la formation technique et professionnelle.

Dans le cadre de la coopération entre le Gabon et le Maroc, plusieurs jeunes Gabonais avaient bénéficié, entre 2014 et 2018, de formations spécialisées destinées à alimenter le réseau national des centres de formation professionnelle. Cette initiative s’inscrivait dans la volonté des autorités gabonaises de renforcer l’employabilité des jeunes et de moderniser le secteur de la formation technique.

Nkili Akieme

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

error

Vous aimez l'article? Merci de le partager.