OFPPT Maroc : La galère des anciens étudiants gabonais

Près de dix ans après leur départ pour le Maroc dans le cadre d’une coopération entre Libreville et Rabat, des formateurs gabonais issus de l’Office de formation professionnelle et de la promotion du travail (OFPPT) dénoncent leur non-intégration dans l’administration publique. Réunis au sein d’un collectif, ils interpellent les autorités sur leur situation administrative et financière, devenue insoutenable, soutiennent-ils.

Dans un communiqué publié vendredi, le Collectif des formateurs gabonais issus de l’OFPPT du Maroc dit vivre une situation « préoccupante » malgré les sacrifices consentis pour répondre à l’appel des autorités gabonaises.

Le collectif explique qu’à la faveur de l’appel lancé par Brice Clotaire Oligui Nguéma, alors président de la Transition, plusieurs formateurs ont choisi de rentrer au Gabon en 2025. Mais, à leur retour, plusieurs affirment n’avoir reçu « aucun retour concret de l’État », les poussant pour certains à s’installer durablement au Maroc ou à émigrer vers le Canada et d’autres pays.

Ils saluent néanmoins l’implication de l’ancien ministre de la Formation professionnelle, Philippe Tonangoye, qui avait fait diligence sur l’attribution de 23 matricules administratifs pour les dossiers jugés complets.

Malgré cette avancée, les concernés dénoncent un blocage persistant, depuis novembre 2025, concernant leur mise en solde. Une attente devenue intenable, qui fragilise davantage des professionnels ayant, pour certains, abandonné des emplois stables à l’étranger pour servir leur pays.

Au-delà des revendications d’ordre administratif, ces formateurs estiment que leur situation met en lumière un dysfonctionnement plus profond dans la gestion des ressources humaines de l’État. « Pourquoi former des Gabonais à l’étranger si leur expertise n’est pas valorisée ? », s’interroge le collectif, rappelant que les centres de formation professionnelle du pays souffrent d’un manque de formateurs qualifiés.

Derrière ce dossier, les conséquences humaines sont lourdes : précarité, inactivité, difficultés familiales et sentiment d’abandon. Le collectif révèle également qu’une de leurs collègues est récemment décédée sans avoir perçu son premier bon de caisse, alors qu’elle faisait face à des problèmes de santé.

Entre 2014 et 2018, près de 200 jeunes Gabonais avaient été envoyés au Royaume du Maroc pour une formation professionnelle de trois ans destinée à renforcer les capacités nationales dans les centres de formation professionnelle.

Cette initiative s’inscrivait dans la volonté des autorités gabonaises de renforcer l’employabilité des jeunes et de moderniser le secteur de la formation technique.

L’Office de Formation Professionnelle et de la Promotion du Travail (OFPPT) est le principal organisme public marocain chargé de la formation technique et professionnelle.

Nkili Akieme

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