Le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a consacré une partie de son discours sur l’état de la Nation, prononcé ce lundi devant le Parlement réuni en Congrès, à la situation de la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS). Il a dressé un constat critique du fonctionnement de l’organisme. « Les assurés comme les partenaires sont aujourd’hui désabusés », a-t-il déclaré, évoquant les difficultés auxquelles est confronté le système de protection sociale.
Parmi les mesures annoncées figure la mise en œuvre du Fonds 04, un dispositif destiné à intégrer les travailleurs indépendants au régime d’assurance maladie. Selon le chef de l’État, cette réforme concerne notamment « les commerçantes des marchés, les employés de maison, les coiffeuses, les vulcanisateurs, les cordonniers » ainsi que d’autres acteurs du secteur informel. « Il faut que chacun participe à l’effort collectif afin de garantir la pérennité de notre système de protection sociale », a-t-il indiqué.
Brice Clotaire Oligui Nguema a également annoncé un audit du fichier des Gabonais économiquement faibles (GEF). Il a rappelé que près de 660 000 cotisants assurent actuellement la prise en charge d’environ 1,3 million de bénéficiaires. « Cette situation ne peut perdurer », a-t-il affirmé, estimant nécessaire de vérifier l’éligibilité des bénéficiaires inscrits dans la base de données de la CNAMGS.
Le président de la République a expliqué que cet audit devra permettre d’assainir le fichier et de garantir une meilleure gestion des ressources. « Nous devons nous assurer que les prestations profitent effectivement à ceux qui remplissent les critères requis », a-t-il déclaré devant les parlementaires.
Concernant le recouvrement des cotisations, le chef de l’État a proposé une implication des collectivités locales. Il a pris l’exemple des commerçantes occupant des étals dans les marchés, dont les redevances pourraient être réparties entre les communes et les organismes sociaux. « Les mairies peuvent jouer un rôle dans la collecte de ces contributions au profit de la CNAMGS et de la CNSS », a-t-il expliqué.
Selon lui, ce mécanisme pourrait être progressivement adapté à d’autres métiers du secteur informel afin d’élargir l’assiette des cotisations et de renforcer l’équilibre financier du système. Il a insisté sur la nécessité de trouver des solutions durables pour garantir le fonctionnement de la caisse.
Brice Clotaire Oligui Nguema, pour clore ce dossier, a annoncé qu’il suivrait personnellement la mise en œuvre des réformes engagées. « Désormais, je veillerai personnellement à ce que cette caisse remplisse ses missions de manière satisfaisante », a-t-il assuré.
Roberte Adé
