Pillage des eaux gabonaises : 244 raies protégées et une tortue verte saisies à Port-Gentil

Une importante opération de contrôle menée dans les eaux de l’Ogooué-Maritime a permis la saisie de 244 raies appartenant majoritairement à des espèces intégralement protégées ainsi que d’une tortue verte. Réalisée dans le cadre d’une formation pratique des agents des pêches, cette intervention met une nouvelle fois en lumière l’ampleur de la pêche illégale qui menace les ressources marines gabonaises.

La saisie a été effectuée entre le 1er et le 5 juin 2026 lors d’exercices de terrain organisés par le ministère de la Mer, de la Pêche et de l’Économie bleue avec l’appui de l’organisation WildAid. Dix-sept agents de contrôle ont participé à cette opération qui a permis de constater plusieurs infractions liées à la réglementation en vigueur. Parmi celles-ci figurent la pêche sans autorisation, l’utilisation d’engins prohibés, l’exploitation de zones protégées ainsi que la capture d’espèces dont la pêche est strictement interdite.

Selon les autorités, la présence de 244 raies protégées dans les captures témoigne de la forte pression exercée sur les écosystèmes marins nationaux. La découverte d’une tortue verte, espèce également protégée par la législation gabonaise et les conventions internationales, renforce les préoccupations liées à la préservation de la biodiversité marine. Plusieurs pêcheurs étrangers, notamment des ressortissants béninois opérant illégalement dans les eaux gabonaises, seraient impliqués dans ces pratiques. Une situation qui rappelle l’opération « Espadon » menée en 2021 dans l’aire marine protégée d’Iguéla, où plusieurs contrevenants avaient déjà été interpellés pour des faits similaires.

Face à la récurrence de ces infractions, les autorités rappellent que les professionnels de la pêche sont tenus de relâcher immédiatement toute espèce protégée capturée accidentellement. La conservation ou la commercialisation de ces animaux constitue une violation de la loi. Cette nouvelle affaire relance ainsi le débat sur le renforcement des contrôles et des sanctions contre les auteurs de pêche illégale, dans un contexte où le Gabon cherche à préserver durablement son patrimoine halieutique et à protéger les espèces menacées de disparition.

Le Gabon dispose de l’un des plus vastes réseaux d’aires marines protégées d’Afrique centrale. Depuis plusieurs années, les autorités multiplient les opérations de surveillance afin de lutter contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN), considérée comme l’une des principales menaces pour les ressources halieutiques et la biodiversité marine du pays.

Jean-Jacques Rovaria Djodji

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