Port-Gentil : incompétent, le Tribunal pour mineurs renvoie une affaire devant les adultes

Le Tribunal pour enfants de Port-Gentil s’est déclaré incompétent, mardi, dans le dossier de N.N.R., poursuivi pour homicide volontaire, empoisonnement et tentative de patricide. Âgé de 22 ans au moment des faits, le mis en cause doit désormais être jugé par la Cour criminelle pour adultes, seule juridiction compétente pour examiner son affaire au fond.

L’affaire figurait au rôle de la session criminelle consacrée aux mineurs, ouverte mardi à Port-Gentil. Avant l’examen du fond, la défense a soulevé une exception d’incompétence. Les faits remontent au 18 janvier 2025, au quartier Siby, dans le 2ᵉ arrondissement. N.N.R. est soupçonné d’avoir versé un produit raticide dans une marmite de poulet préparée pour un repas auquel participaient son père, Aldo Ostine Ragazyno, et l’ami de celui-ci, Claize Kombila Kombila, alias « Tata ».

Après le repas, Claize Kombila Kombila aurait été pris de violentes convulsions avant son évacuation vers le Centre hospitalier régional de Ntchengué, où il serait décédé peu après. Le père de N.N.R., qui avait lui aussi consommé le repas, aurait subi une intoxication grave, mais a survécu après une prise en charge médicale et un séjour en soins intensifs. Selon les éléments de la procédure, le père aurait été la cible initiale de l’empoisonnement.

Le dossier évoque par ailleurs un contexte familial tendu. N.N.R. et son frère S.K.W.R. auraient fait état de relations difficiles avec leur père depuis le décès de leur mère, ainsi que de désaccords liés à leur prise en charge et à son comportement. L’instruction avait porté sur les deux frères, dont l’un était mineur au moment des faits. Ce dernier a finalement été relaxé, tandis que N.N.R., majeur lors des faits, reste poursuivi.

À l’audience, Me Dominique Ongonwou, du cabinet de Me D’Almeida, a donc demandé au Tribunal pour enfants de se déclarer incompétent. Après examen de l’exception, le président de la juridiction, Frèjus Kayerigui, a fait droit à la demande de la défense en se fondant notamment sur les articles 3 et 108 du Code de l’enfant. Les parties disposent de cinq jours francs pour former, si elles le souhaitent, un recours en cassation contre cette décision.

Le dossier doit désormais être transmis à la Cour criminelle pour adultes, qui devra examiner les faits au fond et déterminer les responsabilités de chacun. La décision rendue mardi porte uniquement sur la compétence de la juridiction et ne préjuge pas de la culpabilité de N.N.R., qui reste présumé innocent jusqu’à une éventuelle condamnation définitive.

L’affaire devra donc connaître une nouvelle audience, cette fois devant la juridiction criminelle compétente.

Jean-Jacques Rovaria Djodji

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