Gabon/Encadrement de l’exploitation d’Iboga : les traditionnalistes rassurés

Réunis le 19 juin dernier au Ministère de la Culture et du Rayonnement culturel, les détenteurs de savoirs traditionnels ont reçu des assurances du gouvernement sur la portée réelle du décret n°0239 portant réglementation de l’Iboga et de ses dérivés. Face aux interrogations suscitées par ce nouveau cadre juridique, le Ministre Paul Ulrich Kessany, a, tenu à clarifier les intentions du gouvernement qui sont celles de « préserver cette ressource emblématique du patrimoine national tout en garantissant la pérennité des pratiques culturelles et spirituelles qui lui sont associées ».

Le texte vise, selon le Ministre de la Culture avant tout à encadrer l’exploitation, la commercialisation ainsi que l’exportation de l’Iboga, dont la demande croissante sur les marchés internationaux suscite de nombreuses préoccupations. En revanche, les usages traditionnels, culturels et cultuels de cette plante sacrée demeurent pleinement reconnus et protégés.

À l’issue des échanges, Bolivar Félix, président de l’Association pour la préservation et la libération du médicament, secrétaire général du Grand Zimba national et conseiller au Conseil économique, social, environnemental et culturel, a salué une avancée significative dans la gestion de cette ressource stratégique pour le Gabon.

« Ce décret vient combler un vide juridique qui existait depuis longtemps. Tout le monde pouvait se permettre d’acheter de l’iboga en quantité au Gabon et de l’exporter sans véritable contrôle », a-t-il expliqué, estimant que cette réglementation constitue désormais un rempart contre l’exploitation anarchique de la plante.

Le responsable traditionnel s’est également réjoui de la place accordée aux détenteurs de savoirs ancestraux dans la mise en œuvre du nouveau dispositif. Il a notamment annoncé la création d’une commission technique interministérielle chargée d’assurer le suivi institutionnel du secteur. À cela s’ajouteront des mécanismes consultatifs permettant aux acteurs traditionnels de participer activement à l’élaboration des politiques de protection et de valorisation de l’iboga.

Pour Bolivar Félix, les traditionnalistes seront désormais des acteurs de premier plan dans l’application des nouvelles dispositions. Ils auront notamment pour mission de contribuer à la lutte contre les pratiques informelles, de promouvoir une exploitation responsable de la ressource et de veiller au respect des normes établies.

Antoine Relaxe

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