Wilfried Okouma Kamitatou a passé la nuit à la PJ

L’activiste Wilfried Okouma Kamitatou, revenu au pays dans des circonstances floues, a été arrêté jeudi par la Police judiciaire (PJ) et a passé sa première nuit dans un commissariat, selon des informations collectées par la rédaction de Gabonactu.com.

Les raisons de l’interpellation de l’activiste, qui tonnait fort depuis Blois-Chambord, une ville française peu connue des Gabonais lambda, ne sont pas encore connues.

De son vrai nom Pierre-Wilfried Okoumba, l’homme s’était fait un nom sous le pseudonyme de « Kamitatou » en cultivant, depuis la France où il vivait en exil depuis près de treize ans, une critique frontale et récurrente des autorités gabonaises. Ses prises de position, diffusées par vidéos et messages audio devenus viraux sur les réseaux sociaux, lui avaient valu une large audience autant qu’un nombre croissant d’adversaires, sans épargner ni l’ancien pouvoir du clan Bongo ni les autorités issues de la transition du 30 août 2023.

Son retour au Gabon, le 24 juillet, avait déjà suscité de nombreuses interrogations. Arrivé à l’aéroport international Léon-Mba de Libreville sans bagage visible et accueilli par une équipe de la télévision publique, l’activiste avait justifié sa décision par des raisons familiales, évoquant notamment l’état de santé de sa mère. Il avait dans la foulée présenté des excuses publiques pour certains de ses propos passés, reconnaissant avoir parfois « dépassé les limites » de ses interventions.

Cette séquence de retour et de contrition n’a toutefois pas mis un terme aux polémiques suscitées par ses prises de parole. Le député Jean Gaspard Ntoutoume Ayi, ancien directeur général de la Dette, a en effet porté plainte contre lui pour diffamation publique.

Selon ses conseils, la procédure fait suite à des propos tenus par Wilfried Okouma Kamitatou le 26 juillet lors d’une émission de télévision, au cours de laquelle le parlementaire aurait été présenté comme s’étant enrichi irrégulièrement pendant l’exercice de ses fonctions. La plainte a été déposée le 28 juillet auprès du procureur de la République.

À ce stade, aucun lien officiel n’a été établi entre cette procédure judiciaire et l’interpellation de jeudi. Contactées, les autorités n’ont pas encore communiqué sur les motifs précis de la garde à vue de l’activiste, qui demeure présumé innocent des faits qui pourraient lui être reprochés.

Carl Nsitou

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