Depuis le début du mois de septembre, les habitants de Libreville notamment constatent une présence moins marquée des pluies, voire une absence totale de précipitations, alors que le ciel de la capitale gabonaise alterne entre fortes chaleurs, passages nuageux et quelques fines pluies. Une situation qui alimente les interrogations des populations et commence également à préoccuper certains agriculteurs.
Les relevés météorologiques disponibles pour Libreville illustrent cette quasi absence de l’activité pluviométrique en ce début de mois. Du 1er au 17 septembre, plusieurs journées enregistrées par la station de Libreville n’ont connu aucune précipitation mesurable, tandis que les quelques épisodes pluvieux observés sont restés très faibles.
Cette situation intervient alors que septembre correspond à une période de transition climatique au Gabon. Selon les données officielles consacrées au climat du pays, septembre marque la fin de la grande saison sèche, avant l’installation progressive de la petite saison des pluies qui s’étend généralement jusqu’en décembre.
Dans les rues de la capitale, cette absence de précipitations ne passe pas inaperçue. Avec les nombreux travaux routiers et chantiers qui se multiplient dans plusieurs quartiers de Libreville, certains habitants établissent un lien entre l’activité des chantiers et le manque de pluie. Une perception qui circule dans l’opinion, mais qui ne repose, à ce stade, sur aucune donnée scientifique permettant d’attribuer directement l’absence de précipitations aux travaux en cours.
Au-delà de la capitale, le phénomène suscite surtout des inquiétudes dans le monde agricole. À Tchibanga, dans la province de la Nyanga (sud-ouest), l’Agence gabonaise de presse rapportait qu’aucune précipitation significative n’avait été enregistrée depuis le début du mois.
Des agriculteurs ayant déjà mis leurs semences en terre craignent notamment des conséquences sur leurs cultures. Quant á la province de l’Estuaire (Libreville) un groupe de femmes exerçant dans l’agriculture ont exprimé également leur étonnement face à cette situation qui semble perturber le cycle de leurs productions agricoles.
Le retard des pluies pourrait ainsi compliquer le calendrier agricole dans certaines zones du pays, particulièrement pour les exploitations dépendantes des précipitations. Le Gabon dispose en effet d’un climat équatorial caractérisé par une pluviométrie importante, et une grande partie de l’agriculture repose encore sur les exploitations familiales.
À Libreville comme dans plusieurs localités de l’intérieur du pays, une même question revient désormais : quand les pluies vont-elles véritablement s’installer ? Alors que le mois de septembre touche à sa fin, les regards restent tournés vers le ciel, dans l’attente d’un retour plus régulier des précipitations. Vous avez dit »Changements Climatiques » !
M.-O. Mignonne et Tryphène Lembah
