Projet Gabon Digital : le Gabon se prépare à moderniser son système d’état civil

Le Gabon se prépare à engager une réforme en profondeur de son système d’état civil. À travers un atelier préparatoire aux prochaines « Assises nationales de l’état civil », les pouvoirs publics réunissent experts et administrations concernées pour poser les bases d’un état civil moderne, numérique, biométrique et centralisé.

Réformer et bâtir un système d’état civil moderne. C’est l’ambition affichée par le pouvoir publics à l’ouverture de l’atelier préparatoire aux prochaines Assises nationales de l’état civil. Une rencontre de dix jours tenus dans le cadre du projet Gabon Digital, qui se veut une étape déterminante dans la recherche de solutions durables à une problématique qui touche aujourd’hui une grande partie de la population.

« Notre ambition est claire : mettre en place un état civil numérique, biométrique et centralisé afin de garantir le stockage sécurisé, la conservation pérenne et la fiabilité absolue de chaque document », a déclaré  Malcolm Emery Djenno Ngomanda, secrétaire général du Ministère de l’Intérieur, de la Sécurité et de la Centralisation, qui a souligné par ailleurs que  l’enjeu dépasse largement la simple modernisation administrative. Il s’agit avant tout de garantir à chaque citoyen le droit fondamental à une identité légale.

Dans cette perspective, le programme Gabon Digital est appelé à jouer un rôle central. Il doit notamment fournir les outils technologiques nécessaires à la transformation du système actuel et à la sécurisation des données d’état civil.

« Dans cette dynamique de modernisation, le programme Gabon Digital se positionne désormais comme la réponse structurelle et technologique à ce mal, une arme de précision pour restaurer la dignité de notre identité nationale », a-t-il  souligné.

L’urgence de la réforme est également liée aux conséquences concrètes des difficultés rencontrées dans l’accès aux documents d’état civil. Pour le gouvernement, le phénomène n’est ni marginal ni limité à une catégorie particulière de la population.

Pour  Malcolm Emery Djenno Ngomanda, « l’importance de nos travaux mesure l’urgence du défi qui nous rassemble. C’est-à-dire restituer à chaque Gabonais le premier de ses droits, celui d’avoir une identité légale. 

L’absence ou la difficulté d’obtenir certains documents peut en effet constituer un frein dans l’accomplissement de nombreuses démarches administratives, notamment l’obtention d’un passeport, d’une carte nationale d’identité ou encore, l’accès à certains concours et opportunités professionnelles.

La situation concerne notamment une partie de la jeunesse, diplômée ou non, confrontée à des difficultés administratives susceptibles de compliquer son insertion et sa participation à la vie économique et sociale du pays.

Pour Marylise Lydie Madiba Iloumbou, coordonnateur général du programme Gabon Digital, le constat est désormais largement partagé : l’état civil gabonais doit être profondément repensé.

L’atelier réunit ainsi des experts issus de plusieurs administrations, notamment des Ministères de la Justice, de la Planification et de la Santé, ainsi que ceux de l’Agence nationale des infrastructures numériques et des fréquences  (ANINF) et du Ministère de l’Économie numérique. Leur mission consiste à examiner les différentes hypothèses de réforme et à dégager des propositions susceptibles d’être soumises aux plus hautes autorités lors des prochaines Assises nationales de l’état civil.

« Lorsqu’on aura pris des décisions fortes sur l’état civil, il va nous falloir des plateformes pour gérer tout ça. On ne va plus le faire de façon manuelle », a expliqué Mme Madiba Iloumbou.

La transformation numérique devra permettre de traduire dans des plateformes sécurisées les différents critères intervenant dans l’attribution et la gestion de l’identité d’un citoyen.

« Quand on parle de l’état civil, vous savez qu’il y a plusieurs critères quant à l’attribution de l’identité au citoyen. Ces critères vont être transposés dans une plateforme », a-t-elle précisé.

Les travaux engagés doivent s’étendre sur dix jours. Cette période doit permettre aux différents participants de confronter leurs analyses, de parvenir à des propositions communes et d’identifier les décisions qui pourront être soumises aux prochaines Assises nationales de l’état civil.

L’objectif de cette réforme en gestation est de disposer d’un système capable de sécuriser les données, de faciliter leur conservation et leur consultation, mais également de renforcer la fiabilité des documents délivrés aux citoyens.

Camille Boussoughou

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