La Journée Mondiale de l’Environnement a pris des teintes résolument bleues le 6 juin dernier à la Baie des Rois de Libreville. Entre projections documentaires sur les tortues marines et alertes sur l’érosion côtière, le FPBG a mis en lumière la menace vitale que fait peser la pollution urbaine sur les écosystèmes aquatiques.
« Tout finit dans l’eau. » La phrase, lapidaire, a jeté un froid dans l’assistance. Prononcée par Jean Hervé Mve Beh, Directeur général des écosystèmes aquatiques (DGEA) et membre du jury lors de cette journée, elle résume à elle seule la tragédie silencieuse qui se joue au large des côtes gabonaises.
« Les comportements que nous avons font qu’aujourd’hui, certaines espèces, vous ne les verrez qu’en photo », a-t-il alerté, pointant du doigt les tonnes de déchets plastiques drainées par les bassins versants jusqu’à l’océan.
Pour matérialiser cette menace, le Fonds de préservation de la biodiversité au Gabon (FPBG) a frappé fort en diffusant en avant-première un documentaire réalisé par Dark and Co. Soutenu financièrement par le premier appel à projets du FPBG dédié à la conservation marine, le film, tourné au cœur du Parc national de Pongara près de Libreville, documente la lutte acharnée pour la préservation des tortues marines. Il rappelle l’interdépendance fragile entre les activités citadines et la survie de ces espèces emblématiques du littoral gabonais.
L’implication d’institutions comme The Nature Conservancy ou la diplomatie française, représentée par Eva Desthieux, Conseillère en environnement, vient consolider cette approche scientifique et technique.
« La mauvaise gestion des déchets et la pollution des océans contribuent directement à la dégradation de nos écosystèmes et à l’érosion côtière », a précisé l’organisation de l’événement.
Un péril parfaitement assimilé par les lycéens de Libreville, qui ont utilisé des tessons de verre lors du concours artistique pour illustrer la profondeur de l’océan, lieu ultime où s’entassent nos négligences. Face à l’Atlantique, le message du 6 juin est clair : endiguer la pollution marine commence dans les rues, par la réduction drastique de la production de déchets.
Antoine Relaxe et Georlain Nziengui Koussou
