SEEG : Mborantsuo et Léyama non coupables du délit de branchements directs

Marie Madeleine Mborantsuo, ancienne présidente de la Cour constitutionnelle, et Jean-Valentin Léyama, acteur de la société civile, cités sur la liste des gabonais ayant des branchements directs pour ne pas payer leurs factures d’eau ou d’électricité, seraient innocents, selon une enquête du journal L’Aube.

Début mars dernier, le ministère de l’Accès universel à l’eau et à l’énergie et la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG) ont conjointement publié une très longue liste de gabonais ayant des branchements directs pour ne pas payer leurs factures d’eau ou d’électricité.

Sur cette liste figurent notamment Marie Madeleine Mborantsuo, l’une des personnalités ayant marqué la vie publique du pays. Mais aussi Jean-Valentin Léyama, haut cadre et ancien député à deux reprises.

« Un véritable séisme survient lorsque les Gabonais découvrent avec stupeur le nom de Marie Madeleine Mborantsuo parmi les prétendus fraudeurs », écrit L’Aube.

« En quelques heures, les réseaux sociaux s’embrasent. Moqueries, insultes, accusations et commentaires acerbes envahissent la toile. Beaucoup s’interrogent : comment une femme ayant dirigé pendant plus de trente ans la Cour constitutionnelle pourrait-elle être mêlée à une affaire de fraude électrique ? », rappelle le média en décrivant l’ambiance qui a prévalu au lendemain de la publication de cette liste.

Le média affirme avoir mené une enquête pour comprendre comment ces deux personnalités, supposées être à l’abri du besoin primaire, se seraient lancées dans une entreprise de spoliation de la SEEG, fournisseur officiel d’eau et d’électricité du pays.

D’après le journal, le compteur incriminé, prétendument attribué à la magistrate, serait domicilié à Moanda, dans le Haut-Ogooué, alors même qu’elle ne disposerait pas de résidence permanente dans cette ville, elle qui vit principalement entre Libreville et Franceville.

Une correspondance du chef de la délégation Est de la SEEG mentionne qu’il n’existe aucun compteur à Moanda enregistré au nom de Marie Madeleine Mborantsuo.

« À Franceville, dans une autre correspondance de la SEEG, les compteurs défectueux ont été remis aux normes. Autrement dit, le problème provenait bien des installations et non d’une quelconque volonté de tricher », poursuit le média, qui rapporte également qu’à Essassa, où Mme Mborantsuo a construit l’Université internationale de Libreville Berthe et Jean, plusieurs habitants rappellent qu’elle a financé sur fonds propres l’extension des réseaux d’eau et d’électricité dans cette zone, permettant à de nombreux riverains d’accéder à ces services essentiels.

Pour sa part, Jean-Valentin Léyama, piqué au vif, s’était lui-même défendu via une publication sur sa page Facebook. Dans cette publication, il reconnaît avoir eu un branchement direct, mais à la suite du dysfonctionnement de son compteur. Le haut cadre, connu pour sa« longue bouche », a accusé la SEEG de l’avoir plongé dans une situation d’illégalité involontaire en ignorant toutes ses lettres de relance, qu’il a brandies comme preuve de sa bonne foi.

Sans faire l’avocat du diable, le journal L’Aube reconnaît que de nombreux Gabonais fraudent l’accès à l’électricité et à l’eau, un mal qui nuit gravement aux finances de la SEEG et fragilise toute la politique nationale d’accès à ces services vitaux.

Le ministère de l’Accès universel à l’énergie et à l’eau a d’ailleurs publié cette liste à la demande personnelle du chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguéma, qui souhaitait comprendre pourquoi ce secteur se porte si mal.

Loin de cette polémique, les gabonais qui paient honnêtement leurs factures suggèrent à la SEEG d’organiser des descentes musclées dans les quartiers huppés comme dans les quartiers défavorisés afin de débusquer les véritables fraudeurs. Une méthode déjà appliquée par le passé.

Carl Nsitou

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