Pollution plastique :  le cri d’alarme de la jeunesse gabonaise à travers l’art

Cinq lycées de la capitale se sont affrontés le 6 juin dernier lors d’un concours inédit de création artistique à partir de déchets recyclables. Organisée par le FPBG et la FMCT à la Baie des Rois, cette compétition a permis à la jeunesse de Libreville de confronter directement les autorités à l’urgence de la pollution plastique.

Sous le regard attentif d’un jury composé d’experts du PNUD, de l’Ambassade de France ou encore de la Direction générale de l’environnement (DGE), les élèves des lycées Mbele, Immaculée Conception, Michel Dirat, Léon Mba et Sainte Thérèse, ont, livré un plaidoyer sans concession. Leur mission : utiliser les déchets de notre quotidien pour illustrer la dégradation de nos écosystèmes.

L’œuvre baptisée : « SOS », présentée par l’Institution Immaculée Conception, a particulièrement marqué les esprits. Sur une maquette de 90 cm sur 70, les lycéens ont mis en scène une baleine aliénée par un sac plastique, rappelant que même les géants des mers sont vulnérables. Plus bas, des étoiles de mer englouties sous les déchets symbolisaient cette faune discrète, victime silencieuse de l’accumulation de nos rejets.

« La protection de notre environnement n’est pas une option, mais une nécessité absolue et un devoir pour chaque citoyen », a martelé le porte-parole des élèves.

Un message qui fait écho à l’œuvre « le jardin de seconde vie », une symphonie en bas-relief où des masques traditionnels (Obamba, Fang, Kota) cohabitent avec la biodiversité locale pour rappeler que la destruction de la nature est aussi une perte d’identité culturelle.

Face à cette jeunesse engagée, les autorités publiques et municipales, dont Jean Jacques Kangué et Andy Félix Makindey Nzé Nguéma, adjoints au maire de Libreville, ont mesuré l’ampleur des attentes. Pour Christine Yasmine Tchoua et Emmanuel Edane, respectivement patrons  du FPBG et FMCT,  cet événement prouve que l’éducation environnementale porte ses fruits. Les déchets, jadis perçus comme une simple nuisance, sont devenus le porte-voix d’une génération qui refuse d’hériter d’une planète asphyxiée.

Antoine Relaxe et Georlain Nziengui Koussou

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