Le Centre hospitalier universitaire de Libreville (CHUL), en partenariat avec le ministère de la Santé et l’association Zoé Action, organise du 15 au 26 juin 2026 des journées consacrées à la lutte contre la drépanocytose. Réunis à l’amphithéâtre du CHUL, professionnels de santé, enseignants-chercheurs, étudiants et responsables institutionnels échangent autour du thème : « Protéger la jeunesse du Gabon : généraliser le dépistage précoce de la drépanocytose ».
Cette rencontre met l’accent sur le diagnostic, la prévention et la prise en charge de cette maladie génétique qui touche de nombreuses familles. Les participants ont également examiné les moyens de renforcer le dépistage précoce afin de réduire les complications et d’améliorer la qualité de vie des patients.

Les échanges ont mis en lumière plusieurs enjeux majeurs, notamment le renforcement de la gouvernance sanitaire autour de la drépanocytose, considérée comme une priorité de santé publique. Les contraintes économiques ont aussi été évoquées, en particulier le coût élevé des soins et la répétition des hospitalisations, qui pèsent lourdement sur les familles et les structures sanitaires.
Sur le plan social, les discussions ont souligné la persistance de préjugés dans certaines communautés, où la maladie est parfois attribuée à des causes spirituelles ou à des croyances traditionnelles. Ces représentations freinent encore le recours au dépistage et au suivi médical.
Sur le plan thérapeutique, le Pr Steeve Minto’o Rogombe a rappelé l’importance du traitement de fond. « Le CHUL dispose des traitements en urgence, c’est-à-dire pouvoir réhydrater le malade, pouvoir calmer la douleur du malade. Mais le traitement de fond peut être disponible dans les pharmacies. Et ce traitement de fond est disponible au Gabon, on appelle ça l’hydroxyurée ou l’hydroxycarbamide. L’hydroxyurée est la pierre angulaire du traitement de la drépanocytose. Ça permet de prévenir les crises, diminuer les crises douloureuses, mais aussi de ralentir les complications chroniques, c’est-à-dire qui se développent au courant de la vie du drépanocyteur » a t-il déclaré.
Le professeur ajoute également que « Le CHUL dispose des traitements en urgence, c’est-à-dire pouvoir réhydrater le malade, pouvoir calmer la douleur du malade ».
Présente à la rencontre, la ministre de la Santé, Elsa Nkana Joséphine Ayo Bivigou, a encouragé les participants à transformer les échanges en actions concrètes.

« Fédérez-vous, ayez de belles rencontres. Et puis, j’attends les conclusions de cette meilleure rencontre de façon à pouvoir avoir une feuille de route. Et puis très rapidement, au nom du chef de l’État, Chef du gouvernement, vous accompagnez dans la mise en œuvre de vos feuilles de route » a t-elle lancé devant l’assemblée.
Les spécialistes ont enfin plaidé pour le renforcement des capacités diagnostiques du pays et la mise en place d’une prise en charge globale intégrant les dimensions médicales, psychologiques, sociales et juridiques. Selon eux, seule une approche multisectorielle structurée permettra d’améliorer durablement les conditions de vie des personnes atteintes.
À travers ces journées scientifiques, les organisateurs réaffirment ainsi la nécessité de renforcer le dépistage précoce et l’accompagnement des patients, afin de mieux protéger la jeunesse gabonaise face à cette maladie génétique.
Darene Mabelle Ayingone
