Performance singulière à la Prison centrale de Port-Gentil, où les trois candidats présentés au Baccalauréat, session de juillet 2026, ont tous été définitivement déclarés admis, soit un taux de réussite de 100%. De quoi entrevoir une réintégration en douceur des lauréats, mettant ainsi en exergue le rôle déterminant de l’éducation dans le processus de réinsertion des personnes privées de liberté.
Parmi les admis figure M.E.R., 25 ans, inscrit en série A1. Placé sous mandat de dépôt pour des délits mineurs, il a fait le choix de poursuivre sa scolarité malgré son incarcération. Grâce aux enseignements dispensés au sein de la prison avec le soutien de l’administration, il a obtenu son baccalauréat avec une mention passable.
Même succès pour J.E.H., 25 ans également, et candidat en série A1. Son investissement dans les études lui a permis de décrocher lui aussi le précieux diplôme avec une mention passable, illustrant qu’il est possible de construire un nouveau départ même dans les circonstances les plus difficiles.
La meilleure performance revient à R.M.A., 26 ans, candidat en série B. Déterminé à préparer son avenir et à redonner espoir à ses proches, il a obtenu une mention assez bien, récompensant un travail régulier et une volonté exemplaire.
Alors que le ministère de l’Éducation nationale a enregistré un taux de réussite national de 85,59 % dans l’enseignement général et de 92,29 % dans l’enseignement technologique et professionnel, l’établissement pénitentiaire de Port-Gentil a réalisé un parcours sans faute grâce à l’engagement de ses candidats et au dispositif éducatif mis en place en son sein.
Ces résultats s’inscrivent dans une politique de réinsertion portée par le Directeur de la prison centrale de Port-Gentil, le Lieutenant-colonel Jean-Jacques Ona Mbengah, qui fait de l’éducation et de la formation des piliers essentiels de l’accompagnement des détenus.
L’objectif est de permettre aux pensionnaires de préparer des examens officiels, d’acquérir des compétences et de retrouver, à leur sortie, une véritable place dans la société. Au-delà de la performance statistique, cette réussite rappelle que la prison peut également être un espace de reconstruction.
En offrant l’accès au savoir, l’administration pénitentiaire contribue à restaurer la confiance, à renforcer le sens des responsabilités et à réduire les risques de récidive. Avec trois admis sur trois candidats présentés, la Prison centrale de Port-Gentil signe une réussite hautement symbolique.
Derrière ces diplômes se dessinent des parcours de résilience et l’espoir d’une seconde chance, preuve que l’école demeure l’un des meilleurs outils pour transformer une épreuve de vie en opportunité de renouveau.
Elliott Ana Merveille et Jean-Jacques Rovaria Djodji
