La Caisse des Pensions et des Prestations Familiales des agents de l’État (CPPF) a présenté, le 1er octobre 2026 au Palais des Congrès de Libreville, les résultats de la réforme engagée pour rétablir l’équilibre financier du régime des pensions. Présentée à l’occasion de la première édition de la Journée nationale du retraité et de la personne âgée, cette réforme a permis de mobiliser près de 66 milliards de FCFA en deux ans.
Sans cette intervention, les charges de la CPPF auraient dépassé ses recettes dès avril 2024, créant un « effet de ciseaux » susceptible de conduire le régime à la faillite. Pour inverser la tendance, la cotisation des agents est passée de 6 à 7 %, tandis que la contribution de l’État a augmenté de 15 à 18 %. L’âge de départ à la retraite a également été relevé de 60 à 62 ans pour le droit commun. « La réforme relève d’une volonté politique. Ce n’est pas négociable, ce n’est pas discutable », a déclaré Carl Ngueba Boutoundou, Directeur Général de la CPPF.
La réforme a aussi permis d’améliorer les pensions. Les retraités admis à la retraite avant juillet 2015 ont bénéficié d’une hausse mensuelle de 12 000 à 15 000 francs CFA, tandis que l’alignement des pensions sur le système de rémunération en vigueur dans la fonction publique depuis juillet 2015 a concerné 11 465 personnes. Ces mesures ont augmenté la charge mensuelle de 1,4 milliard de francs CFA, soit environ 2,5 milliards sur une année.
En parallèle, 58 milliards de francs CFA d’arriérés ont été versés sur deux ans, auxquels se sont ajoutés 7,9 milliards pour 12 862 pensionnés au titre des concessions définitives.

La première Journée Nationale des Retraités s’est articulée autour de deux panels. Le premier a porté sur le vieillissement de la population et les politiques de protection sociale, avec la participation de la Direction Générale de la famille, du centre de gériatrie et d’une association de protection des personnes âgées. Le second, consacré aux réformes des retraites à l’ère de la Ve République, a réuni les directions générales de la CNSS et de la CPPF ainsi que des représentants des retraités.
Créée en 2014, la CPPF compte environ 130 000 assurés, dont 27 000 retraités, et gère deux régimes. Les autorités souhaitent désormais en faire un investisseur institutionnel capable de garantir la pérennité des retraites et de contribuer au financement de l’économie gabonaise. Le défi consiste à consolider l’équilibre financier retrouvé tout en améliorant durablement les services rendus aux retraités. Pour cela, le plan stratégique CAP 2030 de la CPPF s’articule autour de trois axes:
- moderniser et digitaliser les processus
- sécuriser la performance financière et diversifier l’offre de produits
- renforcer la gouvernance et assurer la transparence.
Darene Mabelle Ayingone
