Sommet Russie-Afrique 2026 : Moscou organisera un Forum économique et humanitaire auquel le Gabon se prépare

Moscow International Business Center ©  Wikipédia

Les 28 et 29 octobre 2026, le centre historique de Gostiny Dvor, à Moscou, accueillera le Forum économique et humanitaire Russie-Afrique, un forum supervisé par Iouri Ouchakov, conseiller du président russe Vladimir Poutine dont l’objectif est de passer des déclarations aux projets concrets.

Organisé dans le cadre du troisième Sommet Russie-Afrique, le forum est managé par la Fondation Roscongress. Il se veut une plateforme pour élaborer des solutions concrètes de partenariat entre la Russie et les États africains.

Le programme du rendez-vous de Moscou est centré sur les échanges commerciaux et les investissements ; les usages pacifiques de l’énergie nucléaire ; les systèmes de paiement et la transformation numérique ; la sécurité alimentaire ; sans oublier l’énergie, l’agriculture, les infrastructures, l’enseignement et la culture.

Selon les organisateurs, une exposition présentera des projets russes déjà en cours en Afrique.

Une montée en puissance

Le premier forum s’est tenu à Sotchi en 2019 suivi en 2023, à Saint-Pétersbourg avec 9 000 participants et médias venus de Russie et de 104 pays et territoires étrangers. Saint-Pétersbourg avait accueilli 59 colloques et plus de 50 stands d’exposition.

La rencontre de Saint-Pétersbourg avait permis d’adopter le plan d’action Russie-Afrique 2023-2026 qui arrive à échéance.

Les discussions préparatoires de Moscou 2026 portent sur un nouveau cadre de coopération pour la période 2027-2029. Le sommet doit aussi aboutir à l’adoption d’une nouvelle déclaration.

Un accent économique plus marqué

Le ministère russe des Affaires étrangères a annoncé travailler sur des documents intergouvernementaux et des contrats commerciaux susceptibles d’être signés pendant le sommet, en insistant davantage sur les échanges et les investissements.

Les sommets Russie-Afrique se tiennent dans un contexte de tension entre la Russie et les pays de l’OTAN depuis l’invasion de l’Ukraine. Pour les États africains, c’est une occasion de diversifier leurs partenariats. Les observateurs notent cependant que la coopération russe est aussi très orientée vers la sécurité, ce qui nourrit des débats sur ses effets réels.

La participation gabonaise

Le document officiel des organisateurs ne mentionne aucun pays en particulier. Cependant, le 2 avril dernier, la ministre gabonaise des Affaires étrangères, Marie-Edith Tassyla-Ye-Doumbéneny, a confirmé la participation du Gabon après une audience avec l’ambassadeur de Russie, Dmitrii Korepanov.

Le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, doit conduire la délégation au nom du président Brice-Clotaire Oligui Nguema. Le 23 septembre, il a présidé à Libreville une réunion interministérielle pour fixer les axes de coopération à défendre.

A Moscou, la délégation gabonaise table sur des questions relatives à la sécurité, l’agriculture, l’administration publique et la transformation numérique, qui rejoignent une partie de l’agenda des organisateurs. La note de la vice-présidence du gouvernement gabonais relie ces enjeux au Plan national de croissance et de développement (PNCD), projet politique de l’actuel président gabonais élu en 2025 pour un mandat de 7 ans renouvelable une seule fois.

Des enjeux de diversification

En multipliant ses partenaires, le Gabon cherche à réduire sa dépendance historique envers ses partenaires traditionnels et à accéder à des solutions russes en sécurité, agro-industrie et technologies extractives. Pour Libreville, la participation ne devrait pas se limiter à une séquence diplomatique, l’objectif étant d’identifier des coopérations concrètes.

Marie Dorothée

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