Riz « made in Gabon » : à Owendo, Hermann Davy Kavoungou réclame des moyens pour produire davantage

Dans une parcelle agricole située dans la commune d’Owendo, Hermann Davy Kavoungou s’est lancé dans une activité encore peu développée à grande échelle au Gabon , la riziculture. À travers cette initiative, le promoteur entend démontrer qu’au-delà des importations, une partie du riz consommé par les ménages peut être produite localement. Les premières récoltes donnent déjà un aperçu du potentiel de cette activité.

Les tiges de riz, arrivées à maturité, sont coupées puis regroupées en bottes par les travailleurs. Une opération réalisée essentiellement à la main, faute d’équipements agricoles adaptés.Pour Hermann Davy Kavoungou, chaque étape compte, notamment après la récolte. Le riz doit être correctement séché avant de passer aux opérations de transformation. Le respect du taux d’humidité est particulièrement important pour préserver la qualité du grain et obtenir un produit correspondant aux habitudes des consommateurs.

Dans cette exploitation, la mécanisation reste l’un des principaux défis. La préparation des parcelles, la récolte et plusieurs opérations post-récolte nécessitent encore une importante main-d’œuvre. « Nous travaillons à la main pour le moment. Nous n’avons pas encore les machines, mais pour développer la riziculture comme cela se fait dans les pays asiatiques, il nous faut des équipements et des financements », explique Hermann Davy Kavoungou.

Une situation qui limite forcément les capacités de production. Pour le promoteur, le développement de la riziculture passe donc par l’accès aux équipements, au financement et surtout à des superficies agricoles plus importantes.Son ambition va au-delà de sa seule exploitation. Il estime que la mise à disposition de plusieurs dizaines, voire de centaines d’hectares, pourrait permettre de créer des emplois dans différents métiers liés à la filière.

De la production à la transformation, en passant par le transport, la commercialisation et la maintenance des équipements, la riziculture pourrait ainsi mobiliser une diversité de compétences, particulièrement chez les jeunes.

Un marché qui existe déjà

L’intérêt pour le riz local repose aussi sur une réalité du marché, le produit occupe une place importante dans l’alimentation des ménages gabonais. Le Gabon reste toutefois fortement dépendant des importations. Selon les données de la Coalition pour le développement de la riziculture en Afrique, le pays a importé près de 95 286 tonnes de riz en 2023, pour une valeur dépassant 41 milliards de francs CFA. Ces volumes montrent l’importance du marché à conquérir pour les producteurs locaux. Mais ils soulignent également l’écart qui existe encore entre la demande nationale et les capacités actuelles de production.À Owendo, Hermann Davy Kavoungou veut justement s’inscrire dans cette équation : produire localement pour répondre à une partie de cette demande et, à terme, participer à la réduction de la dépendance vis-à-vis des importations.

Cette ambition intervient alors que le Gabon s’est doté d’une Stratégie nationale de développement du riz (SNDR), validée en 2024. Le document fixe notamment des orientations pour développer la production, renforcer les capacités des producteurs et favoriser la mécanisation de la filière.Mais sur le terrain, les producteurs attendent encore des moyens permettant de transformer ces orientations en résultats concrets.Pour le promoteur de la rizière d’Owendo, l’accompagnement public reste donc déterminant. L’accès au foncier, au financement, aux équipements et à l’appui technique constitue, selon lui, l’une des conditions pour permettre à la riziculture de changer d’échelle.

Mais pour que cette initiative dépasse le stade de la démonstration, il faudra désormais des terres, des équipements, des financements et un véritable accompagnement de la filière.À Owendo, le pari est lancé. Reste à savoir jusqu’où les premières récoltes pourront conduire le riz gabonais.

Tryphene Lembah

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