Au lendemain de la cérémonie de lancement officiel par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguéma, de l’opération de distribution des bons de caisse du Trésor public pour le remboursement des épargnants de PosteBank, de nombreux bénéficiaires se sont rendus ce samedi 20 juin à l’agence PosteBank du centre-ville de Libreville pour retirer le précieux document. Sur place, l’opération était effective, mais l’organisation a suscité de vives critiques de la part des usagers rencontrés.

Dès les premières heures de la matinée, plusieurs épargnants étaient déjà massés devant l’établissement. Certains assurent être arrivés dès 5 heures du matin, sans avoir encore été reçus plusieurs heures plus tard, à la mi-journée.
« Je suis là depuis 7 heures. Beaucoup de personnes présentes sont arrivées à la même heure, voire plus tôt. Les paiements se font, mais l’organisation laisse à désirer »,, a confié un sexagénaire rencontré sur les lieux.
Même constat pour Edwige, la quarantaine. Selon cette épargnante, les longues files et les mouvements de foule auraient pu être évités avec une meilleure coordination. « Les agents pouvaient sortir pour mieux orienter les gens. C’est le désordre. J’ai même failli me blesser dans les bousculades », a-t-elle fulminé.
Patrick, lui aussi dans les rangs, estime qu’un système plus simple aurait permis d’accélérer les opérations. « Il fallait classer les bénéficiaires par ordre alphabétique ou par groupes. Avec une meilleure méthode, une grande partie des personnes présentes aurait déjà quitté les lieux avant midi. Après toutes ces années d’attente, les gens espéraient quelque chose de plus fluide », a-t-il expliqué.
Malgré ces critiques, plusieurs bénéficiaires reconnaissent que les distributions sont effectivement en cours. Les équipes présentes s’efforcent de traiter les dossiers au fur et à mesure, même si le rythme est jugé lent par la grande majorité des épargnants qui appellent à une meilleure gestion des opérations.
Interrogé sur les difficultés relevées, un agent de la Poste SA a simplement indiqué que les services faisaient face à une forte affluence. « La seule chose que je peux dire, c’est que nous faisons de notre mieux », a-t-il déclaré, tandis que la file d’attente continuait de s’allonger devant l’établissement.
Cette première phase de remboursement, qui concerne neuf mille (9 000) bénéficiaires, redonne espoir à de nombreux gabonais qui n’y croyaient plus. Leur épargne était brusquement gelée lorsqu’un matin, Poste Bank avait fait faillite. C’était en 2017.
Environ dix-huit mille (18 000) victimes auraient été recensées par le liquidateur pour un total des avoirs estimés à 30 milliards de Francs CFA.
Elliott Ana Merveille et Christina Thélin Ondo
