Traite des êtres humains : magistrats et OPJ en formation à Libreville

L’École nationale de la magistrature (ENM) accueille du 15 au 17 juin 2026 un atelier de formation consacré à la lutte contre la traite des êtres humains. Organisée avec l’appui de la République italienne et en partenariat avec la Scuola Superiore Sant’Anna de Pise, cette session réunit des magistrats et des officiers de police judiciaire (OPJ) venus renforcer leurs connaissances sur la prévention, l’identification et la répression de ce phénomène criminel.

La cérémonie d’ouverture a été présidée par la secrétaire générale adjointe du ministère de la Justice, Arlette Ntsame Zeng, représentant le ministre Augustin Emane. Elle s’est déroulée en présence de l’ambassadeur d’Italie au Gabon ainsi que du directeur général de l’ENM, Armand Yebe.

Selon les organisateurs, cette formation s’inscrit dans les orientations du Plan national de développement de la transition (PNDT) 2026-2030, notamment dans son volet consacré à la gouvernance et au renforcement de l’État de droit.

Pendant trois jours, les participants examineront les mécanismes de lutte contre la traite des êtres humains, les techniques d’enquête, les instruments juridiques disponibles ainsi que les dispositifs de protection des victimes.

Arlette Ntsame Zeng a rappelé la détermination des autorités à lutter contre ce type de criminalité. « Le Gabon ne saurait devenir un espace de transit, d’exploitation ou d’impunité pour les réseaux criminels. Aucun auteur, aucun complice ne doit espérer échapper à la rigueur de la loi », a-t-elle déclaré. Elle a également appelé les acteurs judiciaires à faire preuve de vigilance et de réactivité dans le traitement de ces dossiers.

Pour la directrice technique de l’ENM, Sidonie Flore Ouwe, la traite des êtres humains demeure une réalité souvent difficile à détecter. « Il suffit parfois d’un regard pour comprendre qu’un être humain n’aurait jamais dû se retrouver là où il est. Un enfant trop silencieux, une femme trop épuisée… Derrière ces silences, il y a une histoire que personne ne veut entendre », a-t-elle indiqué, insistant sur la responsabilité des professionnels de la justice face à ces situations.

Le directeur général de l’ENM, Armand Yebe, a pour sa part souligné l’importance de la dimension humaine dans le traitement de ce type d’affaires. Il a affirmé devant les participants que « Juger ou instruire dans ces affaires exige une sensibilité particulière à la souffrance humaine. Derrière chaque dossier, il y a une vie brisée, une voix à rétablir ».

Directeur général de l’Ecole Nationale de la magistrature @Gabonactu

À l’issue de cette session, les magistrats et officiers de police judiciaire devraient disposer d’outils supplémentaires pour améliorer la prise en charge des victimes, renforcer les enquêtes et contribuer à une meilleure application des textes relatifs à la lutte contre la traite des êtres humains au Gabon.

Betines Makosso

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

error

Vous aimez l'article? Merci de le partager.