État de la Nation : Oligui Nguema annonce la séparation de l’eau et de l’électricité à la SEEG

Face au Parlement réuni en Congrès ce lundi 15 Juin, pour son discours sur l’état de la Nation, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a annoncé ce lundi une réforme majeure du secteur de l’eau et de l’électricité. Le chef de l’État a confirmé la séparation des activités de l’eau et de l’électricité au sein de la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG), estimant que le modèle actuel a atteint ses limites.

Confronté à la persistance des coupures d’eau et des délestages électriques qui affectent quotidiennement les populations, le président a reconnu les difficultés rencontrées par les Gabonais tout en appelant à la patience. « Je demande au peuple gabonais d’être patient face aux problèmes d’eau et d’électricité. Nous allons trouver des solutions », a déclaré le chef de l’État.

Pour lui, la réforme de la SEEG est devenue incontournable afin d’améliorer durablement la qualité des services publics. « La SEEG doit être réformée. C’est pour cela qu’il y aura désormais une séparation de l’eau et de l’électricité », a-t-il affirmé devant les députés et les sénateurs.

Le président a tenu à rassurer les agents du secteur qui redoutent les conséquences de cette restructuration. S’appuyant sur les expériences menées dans plusieurs pays africains, notamment au Sénégal, il a estimé que cette organisation permet une gestion plus efficace. « Il ne faut pas avoir peur. Dans d’autres pays, ils étaient comme nous, puis ils ont séparé les deux secteurs et les choses fonctionnent », a expliqué Brice Clotaire Oligui Nguema.

Le chef de l’État a également rejeté l’argument selon lequel le secteur de l’eau ne pourrait pas survivre financièrement sans les recettes générées par l’électricité. Selon lui, cette dépendance entretient une forme de relâchement dans la gestion des infrastructures.

« Certains disent que si l’on sépare les deux secteurs, les employés de l’eau ne seront plus payés parce que les recettes viennent de l’électricité. C’est justement là où ils se trompent. Aujourd’hui, lorsqu’il y a une fuite d’eau, il faut parfois attendre trois mois avant qu’elle soit réparée. Si les revenus du secteur dépendent directement de la qualité du service de l’eau, les interventions seront beaucoup plus rapides », a-t-il soutenu.

À travers cette réforme, l’exécutif entend créer des structures spécialisées, capables de mieux gérer les investissements, d’améliorer la maintenance des réseaux et d’accroître les performances dans chacun des deux secteurs.

Cette annonce marque un tournant majeur dans l’organisation des services publics de l’eau et de l’électricité au Gabon. Les modalités de mise en œuvre de cette réforme devraient être précisées dans les prochains mois.

Tryphene Lembah

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