Fer : De Brazzaville, Oligui Nguema invite les investisseurs à s’engager dans le projet du port de Kobé Kobé

Le président gabonais, Brice Clotaire Oligui Nguema, a profité d’une rencontre de haut niveau organisée à Brazzaville, en marge des Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD), pour lancer un appel appuyé aux investisseurs internationaux en faveur du projet stratégique du port de Kobé Kobé, destiné à soutenir l’exportation du fer de Bélinga.

Organisées cette année dans la capitale congolaise, les Assemblées annuelles de la BAD réunissent chefs d’État, ministres des Finances, gouverneurs de banques centrales, investisseurs privés et partenaires techniques autour des enjeux cruciaux de financement du développement du continent. Les discussions portent notamment sur la mobilisation des ressources, la transformation structurelle des économies africaines et le rôle du secteur privé dans les grands projets d’infrastructures.

C’est dans ce cadre que le chef de l’État gabonais a mis en avant les ambitions industrielles de son pays.

« Le Gabon est une véritable terre d’opportunités », a-t-il déclaré, invitant les hommes d’affaires présents à « investir dans le projet du port de Kobé Kobé », un maillon essentiel d’un vaste programme intégré de valorisation des ressources minières.

Ce projet structurant ne se limite pas à une infrastructure portuaire. Il s’inscrit dans une chaîne logistique complète comprenant la construction d’une ligne de chemin de fer (Bélinga – Kobé Kobé) et d’un barrage hydroélectrique à Booué, dans le centre du pays. Cet ensemble permettra d’acheminer et de transformer le minerai issu du gisement de Bélinga, situé dans le nord-est du Gabon, avant son exportation.

Devant ses homologues Denis Sassou Nguesso (Congo) et Faustin-Archange Touadéra (Centrafrique), ainsi que le président de la BAD, Sidi Ould Tah, Brice Clotaire Oligui Nguema a insisté sur le potentiel considérable du secteur minier gabonais. « Il y a de nombreuses opportunités », a-t-il résumé, plaidant pour un partenariat renforcé entre États africains et investisseurs privés.

Le gisement de fer de Bélinga, situé dans la province de l’Ogooué-Ivindo, est considéré comme l’un des plus importants au monde encore inexploité. Il recèlerait plus d’un milliard de tonnes de minerai à très haute teneur, estimée à environ 65 %. Son développement est porté par le groupe minier australien Fortescue, en partenariat avec l’État gabonais, à travers la société Ivindo Iron SA. Le début de la production est attendu à l’horizon 2030.

Parallèlement, le Gabon poursuit l’exploration d’autres ressources, notamment le gisement de fer de Milingui, dans la province de la Nyanga, près de Tchibanga, dont les réserves sont estimées à 135 millions de tonnes.

À travers ces projets, Libreville entend accélérer sa transformation économique en s’appuyant sur la valorisation locale de ses matières premières. Les autorités gabonaises affichent une volonté claire : passer d’une économie d’exportation brute à un modèle industriel créateur de valeur ajoutée et d’emplois.

Yves Laurent Goma, envoyé spécial à Brazzaville

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