Le chef de l’État gabonais, Brice Clotaire Oligui Nguema, a indiqué jeudi aux dirigeants de la société marocaine CIMAF que son pays envisage d’entrer dans le capital de cette entreprise spécialisée dans la fabrication de ciment à hauteur de 20 %.
Installée au Gabon depuis 2015, à Owendo, CIMAF Gabon produit actuellement 900 000 tonnes de ciment par an. Elle prévoit d’atteindre une capacité de production de 1,85 million de tonnes par an d’ici 2026, grâce à la construction d’une troisième ligne de production dont la livraison est attendue pour la fin de l’année.
Le groupe marocain a déjà investi près de 70 milliards de FCFA depuis son arrivée au Gabon. Son objectif est désormais de faire du pays un État autosuffisant en ciment, tout en réduisant sa dépendance aux importations.
Parallèlement, l’entreprise investit actuellement dans la construction d’une usine de broyage de calcaire à Ntoum, située à environ 40 km de Libreville, pour un coût estimé à 27 milliards de FCFA.
« Cet investissement de 27 milliards de FCFA permettra de porter notre capacité de production à 1,85 million de tonnes », avait déjà déclaré El Mehdi Janah Idrissi, PDG des Ciments de l’Afrique Gabon (CIMAF Gabon), lors d’une rencontre avec le président de la République le 16 décembre 2025.
Ce projet devrait mettre fin à l’importation par CIMAF du clinker du Maroc, une matière première abondamment disponible au Gabon, y compris dans les environs de Libreville où est implantée l’usine de la société.
Ces importations, jusqu’ici exonérées de taxes, suscitaient l’agacement du ministère gabonais de l’Économie. Les autorités ont d’ailleurs officiellement décidé d’y mettre fin à compter du 1er janvier 2027.
Carl Nsitou
