JAPRP 2026 : cap sur une prévention plus efficace à l’horizon 2040

La 30e édition de la Journée africaine de la prévention des risques professionnels (JAPRP) s’est tenue du 29 au 30 avril 2026 à Libreville, à l’hôtel Radisson Blu. Elle a réuni 140 participants issus des administrations, entreprises, organisations syndicales et partenaires sociaux. La cérémonie de clôture a enregistré la présence de la ministre des Affaires sociales, Armande Longo, ainsi que plusieurs responsables d’organismes publics, dont la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS) et la Direction générale de la securité et santé au travail (DGSST).

Placée sous le thème « JAPRP, 30 ans après : bilan, défis persistants et émergents de la prévention des risques professionnels en Afrique », ces assises ont permis de dresser un état des lieux de la prévention des risques professionnels au Gabon, dans un contexte marqué par la montée du secteur informel, la sous-déclaration des maladies professionnelles et les mutations rapides du monde du travail.

Les participants ont souligné la nécessité d’une évaluation rigoureuse des actions passées afin d’identifier les insuffisances et d’adapter les politiques publiques.

Les travaux de la première journée ont porté sur le bilan du cadre légal et de la gouvernance. Sur 44 recommandations formulées lors des précédentes éditions, seules 10 ont été mises en œuvre, soit un taux de réalisation de 22 %. À l’issue des échanges, plusieurs recommandations ont été formulées, notamment l’évaluation des campagnes de sensibilisation, la mise en place d’une plateforme d’échange d’informations et le renforcement des services de santé au travail.

Un autre atelier consacré à la prévention opérationnelle et aux risques spécifiques a également révélé des marges de progression. Sur 24 recommandations antérieures, 4 seulement ont été exécutées. Parmi les nouvelles propositions figurent la création d’un observatoire national des accidents du travail et maladies professionnelles, le renforcement du cadre réglementaire et la mise en place de mécanismes de suivi dans les administrations.

La deuxième journée s’est ouverte par la validation du rapport de synthèse, avant une série de communications axées sur les perspectives à l’horizon 2040. Les interventions ont abordé la structuration des services de santé au travail, la promotion d’une culture de prévention au sein des entreprises et l’intégration de compétences pluridisciplinaires dans la gestion des risques.

Les représentants de la CNSS ont présenté leurs orientations stratégiques, notamment l’intensification des contrôles, la digitalisation des déclarations d’accidents du travail et la création d’un observatoire national. D’autres intervenants ont plaidé pour une approche concertée impliquant l’ensemble des acteurs, y compris le secteur informel, ainsi que pour l’adoption de solutions technologiques adaptées aux nouveaux risques.

Les échanges ont également mis en lumière des défis persistants, notamment le niveau encore élevé des accidents du travail, estimé à près de 2800 cas par an, ainsi que le manque de données fiables et de ressources humaines spécialisées. Le respect des normes de sécurité dans certaines entreprises reste également un enjeu central.

Intervenant à la clôture, le Directeur général de la CNSS, le Dr Olivier Rebienot Pellingrin, a déclaré que « La prévention des risques professionnels doit changer d’échelle. Elle doit passer d’une dynamique institutionnelle à une véritable culture nationale », avant de rappeler que « aucun acteur à lui seul ne peut relever ce défi ».

De son côté, la ministre des Affaires sociales, Armande Longo, a insisté sur la nécessité de traduire les recommandations en actions concrètes « Ces orientations nous engagent. Elles appellent désormais à des actes concrets, coordonnés et mesurables ». Elle a réaffirmé la volonté des pouvoirs publics de faire de la prévention des risques professionnels un axe structurant de la politique sociale à l’horizon 2040.

Pour rappel, la JAPRP, instituée en 1996 par l’Interafricaine de la prévention des risques professionnels, constitue aujourd’hui un cadre de référence en matière de santé et sécurité au travail sur le continent africain.

Christina Thélin Ondo

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