Réuni en Conseil des ministres, jeudi, sous la présidence du chef de l’Etat, Brice Clotaire Oligui Nguéma, le gouvernement gabonais a adopté un projet de décret instaurant le port obligatoire de la tenue africaine chaque vendredi au sein de l’administration publique, en application de l’article 95 de la Constitution, précise-t-on.
Pour les hommes, il s’agit notamment du pantalon et de la chemise en pagne portés sans cravate, avec des chaussures fermées; le deux-pièces confectionné dans un même tissu africain; de l’ensemble pagne, raphia ou wax à manches longues du boubou long; ou encore de l’ensemble boubou et pagne. Pour les femmes, la grande robe brodée, le pagne corsage d’apparat et le foulard africain.
Le respect de cette mesure sera assuré par les responsables administratifs, notamment les chefs de service, directeurs et directeurs généraux.
Certaines catégories professionnelles ne sont toutefois pas concernées par cette disposition, notamment les forces de défense et de sécurité, ainsi que les agents de tout corps d’Etat dont la tenue est prescrite par les textes en vigueur.
De fait, ces dispositions viennent renforcer une pratique déjà adoptée dans certaines administrations et institutions, du service privé notamment. De toute évidence, le gouvernement entend faire de l’administration publique un espace d’expression du patrimoine culturel national, tout en encourageant la consommation et la valorisation des textiles locaux.
Après le lancement d’un concours de création d’une tenue traditionnelle nationale officielle, auprès des stylistes et modélistes, le gouvernement gabonais renforce ainsi sa politique de restauration et de réappropriation des valeurs culturelle.
Tryphène Lembah
