Flotte fantôme : Libreville met fin au contrat d’immatriculation des navires confié à Intershipping Services LLC

Sous l’effet d’une pression internationale croissante, notamment européenne, le Gabon a acté, jeudi en Conseil des ministres, la résiliation du contrat liant l’État à Intershipping Services LLC, en charge de l’immatriculation des navires sous pavillon gabonais. En cause : de graves manquements contractuels jugés incompatibles avec les intérêts stratégiques du pays.

La rupture apparaît désormais irrévocable. Les autorités gabonaises reprochent à leur partenaire le « non-respect des obligations contractuelles, compromettant le bon fonctionnement du registre et portant atteinte aux intérêts de l’État gabonais ». Une décision lourde de conséquences pour un dispositif qui, durant près de six années, a permis l’enregistrement de plus de 400 navires, parmi lesquels de nombreux pétroliers.

Établie aux Émirats arabes unis et disposant de relais en Inde, en Grèce et à Hong Kong, la société se présentait jusqu’alors comme « le représentant exclusif du Registre international des navires du Gabon » et « l’autorité unique pour toutes les activités liées au pavillon gabonais ».

Intershipping Services LLC revendiquait assurer des standards fondés sur la transparence, la conformité et l’efficacité.

Ces déclarations contrastent toutefois avec la dégradation progressive de l’image du pavillon gabonais sur la scène maritime internationale. Le pays est en effet soupçonné d’abriter une « flotte fantôme », accusée de contourner les sanctions visant le pétrole russe.

L’Union européenne ainsi que des États-Unis ont à plusieurs reprises évoqué la possibilité de mesures de rétorsion contre le pavillon gabonais. Certains navires battant pavillon gabonais seraient par ailleurs classés parmi les « bateaux poubelles ».

À ce stade, Intershipping Services LLC, qui ne dispose d’aucune représentation sur le territoire gabonais, n’a pas encore réagi officiellement à cette décision.

Par cette résiliation, Libreville entend manifestement reprendre la main sur la gestion de son registre maritime et restaurer la crédibilité de son pavillon, sérieusement écornée ces dernières années.

Carl Nsitou

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