En séjour à Port-Gentil (littoral sud), la ministre du Commerce, des PME/PMI et de l’employabilité des jeunes, Zénaba Gninga Chaning, a échangé, dans la salle de réunion de la mairie centrale, au Bord de mer de la capitale économique, avec une soixantaine d’entrepreneurs venus exposer sans détour les réalités du terrain. Au cours de cette rencontre, le membre du gouvernement a dit à ses interlocuteurs que cette rencontre répond aux instructions du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguéma, en allant au plus près des préoccupations des opérateurs économiques afin de faire remonter fidèlement leurs doléances.

Le président du Collectif des agripreneurs de l’Ogooué-Maritime, Désiré Saphou, a mis en avant le potentiel des initiatives locales pour lutter contre la vie chère. Il a notamment évoqué le succès de la foire commerciale « FOCOMA prix bas », qui propose des produits à coûts réduits et soulage les ménages.
Dans cette dynamique, il a sollicité le parrainage de la ministre pour la prochaine édition et proposé la mise en place d’un comité de pilotage tripartite pour un suivi efficace des problématiques du secteur, une proposition accueillie favorablement.
Au-delà des enjeux économiques, Désiré Saphou a également porté un plaidoyer à forte portée sociale, en formulant une demande de projet d’accompagnement visant la formation et la réinsertion de 50 jeunes en situation de décrochage scolaire. Ce programme, orienté vers les métiers liés à l’agriculture, ambitionne de créer des opportunités concrètes d’insertion professionnelle tout en contribuant à la relance du secteur agricole local.
Théophane Boubebe, président du Collectif Nkongo, a, quant à lui, pointé les difficultés d’application de la mercuriale dans la ville, ainsi que la hausse préoccupante du coût du transport maritime entre Libreville et Port-Gentil, devenu un fardeau pour les populations.
Et la porte-parole des jeunes, formés dans le cadre du partenariat Union européenne–Gabon, a lancé un appel pressant pour un accompagnement concret. Malgré leur formation certifiée, ces jeunes peinent à accéder à des financements ou à des terres agricoles.
Le premier adjoint au maire, Urbain Makoumbi, a salué l’engagement de certaines entreprises pétrolières qui collaborent avec les PME locales, tout en dénonçant le non-respect par d’autres majors des dispositions sur le contenu local, une situation jugée pénalisante pour l’emploi et la croissance des entreprises gabonaises.

En réponse, la ministre a tenu à rassurer ses interlocuteurs, annonçant notamment un projet de financement de 5 milliards de Francs CFA, en partenariat avec des investisseurs espagnols, destiné à soutenir les entrepreneurs à l’échelle nationale. Elle s’est engagée à transmettre fidèlement ces préoccupations au chef de l’État et à œuvrer pour redynamiser l’entrepreneuriat à Port-Gentil.
La rencontre s’est achevée dans une atmosphère conviviale, marquée par une volonté partagée : faire de l’entrepreneuriat local un véritable levier de développement économique, mais aussi un outil d’inclusion sociale, notamment en faveur des jeunes en quête de repères et d’opportunités.
Elliott Ana Merveille et Jean-Jacques Rovaria Djodji
