Après plusieurs mois de tensions au sein de la communauté musulmane du Gabon, l’imam Matsi Nazire Ibrahim a finalement fait amende honorable. Celui qui s’était illustré comme l’un des principaux instigateurs de la contestation contre l’autorité religieuse en place a adressé des excuses publiques au chef de la communauté musulmane, Abdou Razzaq Guy Kabongo, contre qui, il portait des accusations jugées diffamatoires.
Dans une lettre d’excuses empreinte de contrition, l’imam a reconnu le caractère inapproprié des propos tenus à l’encontre du leader religieux.
« Monsieur le chef de la communauté musulmane, en ma qualité d’imam et président du culte pour l’aide et le soutien aux musulmans, et en partenariat avec le collectif des nouveaux leaders du Gabon, j’ai l’honneur de vous adresser ce message empreint de paix et de respect. Nous vous présentons nos excuses les plus sincères pour les propos tenus à votre égard dans certains groupes sur les réseaux sociaux, en lien avec la gestion politico-religieuse des affaires islamiques du Gabon », s’est excusé l’imam Matsi.
Depuis plusieurs mois, Matsi Nazire Ibrahim et certains de ses proches avaient engagé un bras de fer avec l’autorité d’Abdou Razzaq Guy Kabongo, multipliant sur les réseaux sociaux des publications qualifiées de mensongères. Face à cette situation, le chef de la communauté musulmane avait saisi la justice afin de mettre un terme à ces agissements.
Ces accusations ont contribué à alimenter de vives tensions et à fragiliser la cohésion au sein de la communauté musulmane. Outre Abdou Razzaq Guy Kabongo, d’autres personnalités avaient également été visées, notamment Nendjot Patrice Aboubakar, trésorier général du Conseil supérieur des affaires islamiques du Gabon (CSAIG), ainsi que le défunt Alioun Ndiaye Alboury.
Poursuivant dans sa démarche d’apaisement, l’imam Matsi Nazire Ibrahim a tenu à réaffirmer son attachement aux valeurs fondamentales de l’islam. Pour lui, «conscients de l’importance du respect mutuel dans la préservation de notre unité, nous vous prions d’accueillir ces excuses avec bienveillance, conformément aux enseignements du Coran et de la Sunna du Prophète Muhammad (paix et bénédictions sur lui)».
Par cette prise de position publique, l’imam met un terme à une séquence conflictuelle qui aura profondément marqué la communauté. Selon des sources judiciaires, cette démarche lui permet également d’éviter des poursuites plus lourdes. Le parquet aurait toutefois averti qu’en cas de récidive, une peine de détention pourrait être envisagée.
Camille Boussoughou
