À l’occasion du débat d’orientation budgétaire relatif à la préparation de la loi de finances 2027, tenu ce samedi 27 juin 2026 à l’Assemblée nationale, le député Jean Gaspard Ntoutoume Ayi a dressé un diagnostic alarmant de la situation des finances publiques gabonaises. Face aux membres du Gouvernement et à ses collègues parlementaires, il a appelé les autorités à engager un assainissement profond des finances de l’État afin de restaurer les marges de manœuvre nécessaires au développement du pays.
Dans une intervention marquée par un appel à la responsabilité, le député a estimé que le Gabon devait faire face à la réalité de sa situation budgétaire. « La situation dans laquelle se trouvent les finances publiques de notre pays est catastrophique », a-t-il affirmé, plaidant pour un « langage de vérité » à l’égard des Gabonais.
Selon lui, la loi de finances rectificative 2026 illustre cette fragilité, avec un recours à plus de 1 400 milliards de FCFA d’emprunts destinés essentiellement à équilibrer le budget et non à financer des investissements structurants. Il a également souligné que ces emprunts généreraient plus de 1 000 milliards de FCFA d’intérêts sur les dix prochaines années, auxquels s’ajoutent près de 100 milliards de FCFA d’intérêts et frais bancaires pour les seules tensions de trésorerie en 2026.
Tout en reconnaissant la légitimité politique du président Brice Clotaire Oligui Nguéma et le soutien dont il bénéficie, Jean Gaspard Ntoutoume Ayi a estimé que le redressement économique exigeait des choix courageux. « Un profond assainissement de nos finances publiques est le préalable à la mise en œuvre de toute stratégie de développement », a-t-il déclaré. Il a appelé le Gouvernement à renoncer aux solutions de refinancement ou de rééchelonnement de la dette, qu’il juge inefficaces à long terme. « Ces solutions font la fortune de nos créanciers mais ne sont jamais une solution durable pour notre pays. », a-t-il conclu.
Le débat d’orientation budgétaire constitue une étape préalable à l’élaboration de la loi de finances. Il permet au Gouvernement de présenter les grandes orientations économiques et budgétaires de l’année à venir, tandis que les parlementaires exposent leurs analyses et recommandations avant la préparation du projet de budget 2027.
Dokira Nkili
