« C’est la route des militaires ? » : un policier recadre un militaire en infraction à Libreville

L’arrogance de certains éléments des forces de défense et de sécurité a, une fois de plus, heurté la sensibilité des usagers de la route à Libreville. Un militaire circulant à bord d’un véhicule de marque Hyundai i30 s’est garé en plein sur la voie de sortie menant aux installations de la SEEG de la Peyrie, provoquant un embouteillage monstre.

Au mépris des autres automobilistes qui klaxonnaient pour qu’il libère la chaussée, l’intéressé est resté impassible. Une attitude qui n’a pas manqué d’attirer l’attention des policiers chargés de la régulation de la circulation dans ce secteur très fréquenté du 3e arrondissement de Libreville, situé à proximité d’un marché.

L’un des agents s’est alors approché du conducteur pour lui faire comprendre, avec courtoisie, le désagrément causé aux autres usagers. Mais la réaction du militaire aurait visiblement irrité le policier, qui a fini par hausser le ton :

« C’est la route des militaires ? », a lancé l’agent, visiblement excédé.

Face à cette remontrance, le conducteur a finalement accepté de déplacer son véhicule. Selon plusieurs témoins, ce dernier, qui pratiquerait le transport urbain clandestin « clando » durant ses heures libres, attendait une cliente qu’il souhaitait embarquer à cet endroit pourtant non autorisé au stationnement.

Heureusement, cet impair n’a pas dégénéré. Beaucoup s’interrogent toutefois sur l’issue qu’aurait connue un simple citoyen dans une situation similaire. Une interrogation qui relance le débat sur l’égalité de tous devant la loi et sur l’exemplarité attendue des forces de défense et de sécurité.

Car si ces corps sont chargés de faire respecter les règles, leurs membres se doivent également d’en être les premiers modèles. Un comportement aussi incivique que celui observé ce jour-là mérite donc d’être dénoncé et proscrit, particulièrement lorsqu’il émane de personnes censées incarner l’autorité de l’État.

Camille Boussoughou

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