Le ministère de la Justice, avec l’appui du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), a lancé, mercredi, une session d’audiences foraines à la prison centrale de Libreville. L’initiative vise à accélérer le traitement des dossiers judiciaires en souffrance et à contribuer à la réduction de la surpopulation carcérale qui touche les établissements pénitentiaires du pays.

Une quarantaine d’affaires correctionnelles seront examinées au cours de cette opération. Pour les autorités judiciaires, cette démarche constitue une réponse concrète aux nombreux dossiers en attente de jugement et permet d’apporter une solution progressive à l’encombrement des prisons.
« La prison de Libreville, comme toutes les prisons du Gabon, souffre d’un mal que nous connaissons tous qui est la surpopulation carcérale », a déclaré Augustin Emane, ministre de la Justice, Garde des sceaux.
Ces audiences consistent à déplacer temporairement le tribunal au sein de l’établissement pénitentiaire afin de rapprocher la justice des détenus. Une pratique qui facilite le traitement rapide de certaines affaires et limite les contraintes liées au transfert des prévenus vers les juridictions compétentes, a expliqué le Garde des sceaux.
« Nous avons accompagné le ministère pour cette session initiale afin que les dossiers des détenus puissent être traités avec diligence et que la justice soit rendue en étant plus proche des lieux où elle doit être rendue », a précisé Rokya Ye-Dieng, Représentante du PNUD au Gabon. Selon elle, cette démarche participe à l’amélioration de l’accès à la justice tout en soutenant les efforts de désengorgement des établissements pénitentiaires.
La fonctionnaire onusienne a souligné la portée de cette initiative au-delà du nombre de dossiers examinés. « Même si nous traitons aujourd’hui un nombre limité de dossiers, cela montre que le gouvernement et la justice sont sensibles à la situation des détenus et disposés à réexaminer certains cas », a-t-elle indiqué.
Loin d’être cantonnées à Libreville, ces audiences foraines touchent également l’intérieur du pays. Elles ont en effet déjà été organisées à Fougamou, dans la province de la Ngounié (sud) et à Koulamoutou, dans l’Ogooué-Lolo (sud-est) avant de toucher d’autres localités dans les prochaines semaines.
La tenue de ces audiences intervient dans un contexte où plusieurs prisons gabonaises demeurent confrontées à une forte densité carcérale. Entre l’augmentation du nombre de détenus et l’engorgement des procédures judiciaires, les pouvoirs publics multiplient les actions destinées à accélérer le traitement des dossiers et à améliorer les conditions de détention.
Alph ’-Whilem Eslie et Stone Ferrari Mikala
