L’Institut international des droits de l’homme–Fondation René Cassin a ouvert, ce lundi 8 juin à Libreville, sa première session de formation au Gabon en partenariat avec EM Gabon-Université. Placée sous le thème « Les droits de l’homme devant les institutions nationales et internationales de protection », cette rencontre, qui se déroule du 8 au 13 juin, rassemble étudiants, magistrats, avocats, universitaires, responsables publics et acteurs de la société civile autour des mécanismes de protection des libertés fondamentales.
Dans son mot de bienvenue, Patrice Moundounga Mouity, représentant le président d’EM Gabon-Université, a insisté sur l’importance du thème retenu dans un contexte marqué par de nombreux défis juridiques, sociaux, économiques et technologiques. Selon lui, « la connaissance des mécanismes de protection des droits fondamentaux apparaît plus que jamais comme une nécessité ». Il a également rappelé que les juridictions nationales, les institutions spécialisées ainsi que les mécanismes régionaux et internationaux offrent aux citoyens plusieurs voies de recours lorsqu’ils estiment que leurs droits ont été violés.
Pour le directeur général de la Fondation René Cassin, Sébastien Touzé, cette première session marque une étape importante dans la coopération entre son institution et EM Gabon-Université. Revenant sur les préparatifs de l’événement, il a expliqué que ce projet a nécessité plusieurs mois de travail. « Les droits de l’homme ne vivent réellement que lorsqu’ils sont transmis. Ils ne vivent pas simplement dans les textes, dans les déclarations ou dans les conventions. Ils vivent lorsqu’ils sont compris et enseignés », a-t-il déclaré devant les participants.

Sébastien Touzé a aussi mis l’accent sur le rôle des institutions nationales dans la défense des libertés fondamentales. « Les institutions nationales sont les premières gardiennes des droits et des libertés », a-t-il affirmé. Selon lui, la protection des droits humains passe d’abord par l’action quotidienne des juridictions, des administrations, des autorités indépendantes et de tous les acteurs impliqués dans la vie publique.
Au nom du ministre de la Justice, Aristide P. Nyamay Bantsiva a indiqué que cette formation intervient à un moment où le Gabon poursuit ses efforts pour renforcer l’État de droit et améliorer son système judiciaire. Il a rappelé l’adhésion du pays à plusieurs instruments internationaux et africains consacrés à la protection des droits humains. « La connaissance des droits dans les textes ne constitue qu’une étape. Le véritable défi demeure leur effectivité », a-t-il déclaré.
L’intervenant a également souligné l’importance pour les magistrats, avocats, chercheurs et étudiants de maîtriser les mécanismes nationaux, régionaux et internationaux de protection des droits humains. Selon lui, cette formation doit permettre aux participants de mieux comprendre les recours existants et les évolutions récentes du droit dans ce domaine.
Pour sa part, le président du groupe EM Gabon-Université, le Pr Daniel Franck Idiata, a invité les participants à tirer pleinement profit de cette semaine d’échanges et d’apprentissage. « Dans la défense des droits de l’homme, la résignation n’est pas juste. Elle ne peut pas être juste », a-t-il déclaré appelant les étudiants, enseignants et experts réunis à Libreville à poursuivre leur engagement en faveur de la promotion des droits humains, de la justice et des valeurs démocratiques.
Christina Thélin Ondo
