Réunies au sein des Forces vives du département de la Basse-Banio, les autorités coutumières, représentants des tribus et acteurs associatifs de Mayumba ont récemment tenu conférence de presse à Libreville. À cette occasion, elles ont adressé un message au président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, pour exprimer leurs préoccupations face au ralentissement de plusieurs projets annoncés pour la Nyanga et formuler des propositions en faveur du développement local.
Dans une déclaration lue par leur coordinateur, Thierry Mamas-Mavoungou, les représentants de la Basse-Banio sont revenus sur le projet de port en eau profonde de Mayumba ainsi que sur la ligne ferroviaire Bélinga-Boué-Mayumba. Présentées comme des infrastructures majeures pour le développement de la province, elles suscitent aujourd’hui des interrogations en raison d’informations faisant état d’une réorientation vers le site de Kobé-Kobé.

Les préoccupations exprimées portent également sur plusieurs chantiers routiers de la Nyanga. Les axes Pegnoundou-Tchibanga, Bilanga-Tchitala et Mayumba-Ndindi ont notamment été cités parmi les infrastructures dont les travaux connaissent des retards ou des interruptions. Une situation qui, selon les signataires de la déclaration, nourrit les inquiétudes des populations concernées.
Au-delà du constat, plusieurs propositions ont été formulées. Les notabilités et responsables associatifs réunis au sein de cette plateforme demandent notamment « l’installation effective des bases-vie des compagnies pétrolières opérant au large de Mayumba ». À leurs yeux, cette mesure permettrait de générer davantage d’emplois et d’activités économiques dans le département.
La question du contenu local a également occupé une place importante dans la déclaration. Les auteurs du document souhaitent que les entreprises locales et les habitants de la région bénéficient davantage des opportunités créées par l’exploitation pétrolière. Ils proposent dans ce cadre « l’organisation d’assises consacrées au contenu local et à la responsabilité sociale des entreprises ».
Les préoccupations liées à la représentation des ressortissants de Mayumba au sein des administrations publiques, des institutions et des entreprises d’État ont également été évoquées. Les responsables communautaires estiment que les compétences locales demeurent insuffisamment prises en compte dans plusieurs secteurs d’activité.
La déclaration s’est enfin penchée sur les projets miniers annoncés dans la zone de Mambi. Ses auteurs ont demandé le respect des procédures légales, notamment en matière de consultation des populations et de gestion foncière. Ils ont, pour conclure, invité les autorités à apporter des réponses aux préoccupations soulevées et à accélérer la mise en œuvre des projets annoncés pour Mayumba et la province de la Nyanga.
Darene Mabelle Ayingone et Chritina Thelin Ondo
